Découvrez un "Site d'Intérêt Ecologique" en images

jeudi 30 avril 2009

Pseustes sulphureus



Une rencontre qui en a menée à beaucoup d'autres…

Cette grande Couleuvre, nommée Pseustes sulphureus – qui mesurait bien ses 2 mètres – a été croisée au détour d'un layon (sentier forestier) sur le site de la Montagne des Singes, non loin de Kourou. Ce fut comme une sorte de déclic qui m'a mené à m'intéresser d'un peu plus près à ces charmantes bestioles tant vilipendées.
Au cours de plusieurs séjours en Guyane, avec d'abord une petite caméra vidéo puis au fur-et-à-mesure en progressant au niveau technique, nous avons réussis à filmer et photographier plus d'une cinquantaines d'espèces sur la centaine que l'on peut trouver en Guyane française.
Des dizaines d'heures de "rush" ont ainsi été compilées et le montage de séquences de "scènes de vie", progressivement mises en ligne permettra – nous l'espérons – de redorer un peu le blason de ces créatures, bien sûr prédatrices (le sont-elles plus que nous ?), mais aussi et surtout garantes de l'équilibre écologique des milieux qu'elles fréquentent.
En tout état de cause, la réputation d'agressivité gratuite qu'elle portent souvent est largement démentie, avec de nombreuses preuves à l'appui, notamment avec les images qui suivent !…

Images tournées en décembre 2002 - Montage Aye-Aye environnement.

Siphlophis cervinus



Une véritable œuvre d'art…

Siphlophis cervinus, voilà un nom bien esthétique pour ce serpent qui porte une robe qui ne l'est pas moins. On pourrait penser que les Amérindiens ont copié les motifs de ce serpent pour figurer leur art. À moins que ce ne soit l'inverse et que l'évolution ait laissé à cette espèce la possibilité d'être mimétique des peintures Mayas…
Peut-on parler de co-évolution ? On bien envisager une interprétation beaucoup plus "simpliste" : l'art et la nature ne sont pas toujours aussi éloignés que certains voudraient bien le faire croire pour placer l'homme au dessus du reste du vivant.
Toujours est-il que la vision de ce serpent – pour ceux qui auront la chance de le trouver au détour d'un sous-bois – ne nous contredira certainement pas !

Images tournées en janvier 2003 - Montage Aye-Aye environnement.

Spilotes pullatus



Une espèce "unique"…

Ce "serpent chasseur", nom générique donné au Spilotes pullatus est la seule espèce du Genre. D'aspect général, il ressemble au Pseustes sulphureus, bien que la morphe soit différente.
Grand (entre 2 m et 2,4 m à sa taille adulte), corps massif, tête bien distincte du cou, dorsale carénée, rapidité dans les mouvements ; en gros, on pourrait résumer en disant que ce serpent "tout en muscle" n'est pas à prendre avec des pincettes… Cherchez à le taquiner et il vous gonflera le cou en faisant face pour montrer qu'il ne craint pas d'être importuné et n'hésite pas à charger si l'imprudent persiste.
Mais, me direz-vous, et je serais d'accord, pourquoi irions-nous au-delà de la simple observation pacifique ?

Images tournées en janvier 2003 - Montage Aye-Aye environnement.

Imantodes cenchoa


De quoi devenir mordu de serpent !

Ce serpent liane (Imantodes cenchoa) est un petit colubridé opistoglyphe d'Amérique du sud. Exclusivement arboricole il est un chasseur nocturne et se nourrit principalement de mollusques (petits escargots, limaces etc...) : on dit qu'il est malacophage comme les espèces des Genres Dipsas et Sibon.
Ce serpent en général de moins d'un mètre est extrêmement fin, la tête est large, avec un museau arrondi et de gros yeux. Son venin n'est pas considéré comme dangereux pour l'homme, d'autant que son caractère aucunement agressif ne laisse que peu de chance d'être mordu… Sauf de tomber sous le charme !

Imantodes cenchoa


Le Genre Imantodes…

…qui fait partie des Couleuvres opistoglyphes (disposant de crochets à venin), regroupe 6 espèces. Ce sont des serpents très fins, avec une tête qui se distingue bien du reste du corps et qui ont des yeux à pupilles verticales, bien proéminents, pour leurs assurer une vision binoculaire. Parmi eux, deux espèces sont présentes en Guyane française :

- Imantodes cenchoa (ici représenté sur la photo) ;
- Imantodes lentiferus.

Attention : dans le "Guide des serpents et amphisbènes de Guyane" (de Fausto Starace, Ibis rouge édition) les deux espèces I. cenchoa et I. lentiferus sont confondues, bien qu'elles soient somme toute assez différentes (une fois qu'on les a observée).

Les voici tous deux réunis pour faciliter la comparaison :