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jeudi 21 mai 2009

Dossier Saint-Hubert - 7

Araignée non déterminée


Les Arthropodes de Saint-Hubert

Bien que tous ne soient pas encore répertoriés, loin s'en faut (inventaires en cours), les Insectes et Arachnides présents dans les étangs de Saint-Hubert sont nombreux et variés. À titre d’exemple, citons quelques espèces photographiées au cours de balades sur le site que vous pourrez retrouver illustrés :

Arachnides
  • Xysticus sp ;
  • Cyclosa conica ;
  • Pisaura mirabilis ;
  • Pardosa sp.
Les Papillons
  • Alabonia geoffrela ;
  • Pseudopanthera macularia ;
  • Polygonia-C-album ;
Quelques autres insectes divers et variés pris au hasard :
  • Chrysoperla carnea ;
  • Curculio sp ;
  • Sialis sp ;
  • Cercopis vulnerata.

Citons également deux papillons menacés à l’échelon régional : Archanara dissoluta et Eustrotia uncula. Ces lépidoptères font partie de la Famille des Noctuidae, dont les chenilles, pour la plupart phytophages, sont souvent considérées comme ravageuses. Ils n’en restent pas moins vulnérables, et leur sauvegarde est donc primordiale.


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Dossier thématique réalisé collégialement par :
Léonce Carré • Gaëlle Vandersarren • Philippe Macquet

jeudi 7 mai 2009

Mylabris variabilis


Quand il y en a pour un, il y en a pour deux !

Melanargia galathea butine le pollen pendant que Mylabris variabilis grignote par-ci par-là. Ce papillon – un Demi-deuil – doit s'accommoder de la présence du petit coléoptère car celui-ci n'est pas près de partir. En effet, il aime prendre de longs bains de soleil, et ce ne sont pas les prédateurs qui vont venir l'importuner ! Car sa couleur rouge prévient tout prédateur du danger potentiel.
En cas de besoin, ce Mylabre variable rejette en effet par la bouche et les articulations une sorte de liquide corrosif. Mais cette substance n'est toxique que pour les vertébrés. Ce papillon peut donc vaquer à ses occupations sans avoir à s'inquiéter de la moindre velléité de la part de son voisin forcé !

Panorpa sp


Ne pas se laisser abuser par les apparences…

Mouche scorpion ! Voilà un nom qui peut faire frissonner. Et pourtant Panorpa sp (le sp signifiant que l'espèce n'est pas identifiée, car il est très difficile de les différencier uniquement d'après photos) n'est ni une mouche, ni un scorpion. Et qui plus est, cet insecte est totalement inoffensif.
Alors pourquoi un tel surnom ? En réalité, le mâle possède un abdomen recourbé vers l'avant (genopodium), faisant penser à la queue d'un scorpion, dont il se sert pendant l'accouplement. Quant au terme mouche, là encore, il fait référence non pas à l'allure, mais plutôt aux habitudes alimentaires de la Panorpe. Dotée de pièces buccales en forme de bec, elle se nourrit de fruits, mais également de cadavres et excréments.

Stomoxys calcitrans


Beurk une mouche !

Il est vrai que ce petit insecte est fort peu apprécié, tant par son aspect physique que par son comportement. Habitués à les voir se poser sur divers excréments et pourritures, il nous est plus difficile de les imaginer butinant les fleurs. Et pourtant certaines Mouches (comme celles de la Famille des Syrphidés) jouent le rôle essentiel d'insectes pollinisateurs.
Mais contrairement aux apparences, ce n'est pas le cas pour cette Stomoxys calcitrans. Le liquide dont elle raffole serait plutôt le sang. En effet, plus connue sous le nom de « Mouche charbonneuse » ou « Mouche phlegmoneuse des chevaux », elle est dotée d'un rostre de type piqueur qui lui permet de se nourrir de ce liquide vital. Décidément, les mouches ne font rien pour nous plaire !

Tipulidé sp


Certainement pas proche cousin avec les moustiques !

Plus connues sous le nom de « Cousins », ces insectes de la Famille des Tipulidés, lorsqu'ils sont adultes, ressemblent à d'énormes moustiques. Ressemblance seulement, et c’est une chance pour nous vue leur taille (3cm) !
Les Tipules affectionnent les milieux humides et ne se montrent qu’aux heures les plus fraîches de la journée. C’est pourquoi on les voit souvent s’activer en début de soirée sur de grandes pattes leur permettant de parcourir la végétation à la recherche de nourriture. Ils ne piquent pas et absorbent l’eau et la sève s’écoulant des plantes blessées. Quant aux larves, elles se développent sous terre et ce au détriment des racines, rhizomes et autres tubercules car elles sont phytophages (mais elles sont aussi saprophages, c’est-à-dire qu ‘elles se nourrissent de matière végétale en décomposition).
Craintives, les Tipules s'envolent dès qu’on s’approche d’elles. Avec raison d'ailleurs, car l'homme à tendance à tuer ces « gros moustiques » qui sont pourtant – rappelons-le - totalement inoffensifs ! Petite précision concernant notre individu : l’extrémité abdominale est effilée. Ce critère nous permet d’affirmer que nous sommes en présence d’une femelle. Il s’agit de son ovipositeur (ou tarière), organe avec lequel elle pond ses œufs. À l’opposé, le mâle possède l’extrémité de l’abdomen large et recourbé.

Zonitis flava


Aphrodisiaque... mais à quel prix ?

Pour obtenir un peu de plaisir, les Hommes ont parfois recours à des méthodes pour le moins surprenantes. Outre les ailerons de requins, cornes de rhinocéros et autres testicules de tigres (traditions oblige…), il existe également la poudre de Zonitis (ici illustré Zonitis flava), d'une efficacité redoutable... mais surtout à redouter !
Très connu dans le monde des aphrodisiaques, cet insecte, de la Famille des Meloidés, pratique ce que l’on appelle l'autohémorrhée : il s’agit du rejet par la bouche et les articulations des pattes d'un liquide riche en cantharidine, molécule extrêmement toxique pour les vertébrés.
Réduit en poudre et ingéré, le Zonitis provoque une inflammation des voies urinaires, d'où un afflux sanguin important et long. Mais attention, l'effet peut être irréversible et une ponction à l'hôpital reste la seule solution. Mais le plus grave est que cette substance peut aller jusqu’à entraîner la mort. Parfois certains peuvent faire vraiment des choses étranges pour améliorer leurs performances !

Agriotes pilosellus


Petit taupin deviendra grand…

Oui mais dans combien de temps ? Car pour atteindre l'âge adulte, ce Coléoptère (probablement ici Agriotes pilosellus) passe par un stade larvaire qui dure entre 2 à 5 ans. Et oui, M. taupin n'est pas bien pressé de grandir, ce qui est loin d'être une bonne nouvelle pour nous !
En effet, ses larves, qui répondent au nom de vers fil de fer, creusent de nombreuses galeries dans les jardins et peuvent causer d'importants dégâts dans les potagers en s'attaquant aux différentes racines (pommes de terre, salades, radis, betteraves), rendant ainsi les légumes impropres à la consommation. En revanche, l'adulte, pour sa part, est totalement inoffensif pour les végétaux.

Forficula auricularia


Une petite bête qui a bien mauvaise réputation…

Forficula auricularia effraie les enfants et parfois même, ce sont les grands qui transmettent cette peur irraisonnée ! Le seul tort de cet insecte est de posséder le nom évocateur de perce-oreille qui laisse notre imaginaire collectif présager du pire.
En effet, une vieille croyance affirme que cet insecte s'introduisait dans l'oreille des gens endormis pour leur percer le tympan. Or, on n'a jamais entendu aucune oreille se plaindre de mauvais traitement de la part de cet animal !
Cette légende s'explique en réalité par le comportement du perce-oreille qui recherche de petites cavités sombres pour s'y réfugier. Car en dépit de leur aspect redoutable, les pinces du perce-oreille ne servent qu'à intimider ses ennemis et sont bien évidemment sans danger aucun pour l'Homme.

Graphosoma italicum


Commedia dell’arte !

Tel le célèbre personnage du théâtre Italien, Graphosoma italicum a revêtu son habit de soirée. D’où son nom de Punaise arlequin. Mais ce n’est pas pour une occasion particulière qu’elle arbore ces couleurs si théâtrales. Mâle et femelle sont ainsi tout au long de leur vie. Dans la végétation, ils ne passent pas inaperçus. Bien qu’on les retrouve souvent sur les pieds de tomates, fruits qu’ils affectionnent au-delà du « raisonnable ».
Alors est-ce le fait de manger des tomates qui les feraient rougir ? En réalité, cette coloration est dite « aposématique », c’est-à-dire qu’elle signale aux éventuels prédateurs que l’insecte est soit toxique, soi d’un goût repoussant. Dans le cas présent, c’est la saveur qui n’est pas agréable… Donc, pas besoin de se cacher lorsque l’on se trouve être un insecte « de mauvais goût » !

Pieris napi


Alors, toujours fâché ?

Non non, Monsieur et Madame ne se font pas la tête, au contraire ! Nous voilà plongés dans l'intimité de Pieris napi en assistant à l'accouplement de ces deux Piéride du navet. Lorsque la parade amoureuse du mâle s'avère concluante, la femelle se rapproche et les deux individus se mettent côte à côte afin que leurs abdomens puissent se toucher.
Une fois ce contact réalisé, ils se placent dos à dos pour que le mâle puisse féconder la femelle. L'accouplement peut ainsi durer de quelques minutes à plusieurs heures. Bon laissons leurs un peu d'intimité…

Pucerons ND


Œuvre d'art ?

Voilà qui est surprenant. Les Pucerons (Ordre des Homoptères) auraient-ils un sens artistique ? Ils semblent placés dans une position bien précise, comme au début d'une chorégraphie. Serait-ce là une danse macabre annonçant une attaque imminente ?
Cela est peut-être exagéré, mais il est vrai que ces petits insectes ailés donnent un effet du plus esthétique posés ainsi sur cette feuille. Quant à leur présence, plus que désagréable pour la plupart d'entre nous, les pucerons nous répondraient certainement qu'ils jouent un rôle écologique important en contrôlant la prolifération de leur plante hôte.
Certes, mais les jardiniers ne doivent sûrement pas être du même avis lorsqu'ils constatent les dommages infligés à leurs végétaux par ces derniers. Se mettre à leur place, cela fait aussi partie du respect de la diversité (…des points de vue !).

Dichochrysa ventralis


Encore un mystère levé par la Science…

Mais, qu'il y a-t-il à voir exactement sur cette photo ? Une feuille ? À moins que ce ne soit ne chose vivante ressemblant vaguement à une petite pelote de poussière ? Oui ! justement voilà ce qui nous intéresse…
Cette petite boule cotonneuse de 4 mm est bien d'origine animale ! Il s'agit d'une larve au 3ème stade du Genre Dichochrysa (probablement Dichochrysa ventralis), insecte de la Famille des Chrysopes. Cette "chose" semblant sortir d'un dessous de lit poussiéreux se changera dans peu de temps en bel insecte à la couleur vert clair et aux ailes transparentes finement nervurées, et proche parent de Chrysoperla carnea ou Chrysopa perla.

Œdemera nobilis


Des bras de Popeye chez un insecte…

Coléoptère aux allures de petit bijou précieux, Œdemera nobilis est aisément reconnaissable à ses couleurs irisées, composées de différentes teintes de vert et de noir métallique.
Le mâle de l'Œdemère noble (ici sur la photo) se distingue de la femelle par une particularité physique : il possède de grosses cuisses ! Quant à leur utilité, cela demeure jusqu'à présent un mystère. Le tour de cuisse influencerait-il Madame au moment de choisir son partenaire ?

Pucerons ND


Un délice pour certains, une horreur pour d'autres !

Il est vrai que si Coccinella septempunctata et Chrysopa perla se délectent à l'idée de faire de ces petites bêtes leur repas, pour le jardinier il s'agirait plutôt d'une vision horrible ! On parle bien sûr des Pucerons, petits insectes appartenant à l'Ordre des Homoptères – plus de 4.000 espèces dont 250 considérées comme ravageurs – avides de la sève des plantes qu'ils perforent avec leur rostre.
Mais les végétaux ne restent pas inactifs face à cette menace. Quand ceux-ci se sentent agressés, ils sécrètent un liquide qui durcit, obstrue les trous causés par les pucerons et en même temps immobilisent les pièces buccales de ces agresseurs. Mais les pucerons ont développé une parade toute aussi efficace ! Ils produisent une substance qui va former une gaine protectrice autour de leur rostre et leur permettre ainsi de continuer leur repas. Terribles ces sacrés pucerons !

Scathophaga stercoraria


Ah, une mouche à m.…

Oups ! Désolé, il ne s'agit pourtant pas d'être vulgaire, mais de nommer les choses par leur nom. Enfin, si l’on veut rester poli, on peut aussi la nommer « Mouche à fumier » ou en termes scientifiques : Scathophaga stercoraria.
Certes, la plupart des mouches ont une tendance à la coprophagie (se nourrir d'excréments), mais celle-ci a une attirance encore plus prononcée pour cette substance.
En effet, en plus de l'alimentation ou de la reproduction, la ponte des œufs se fait uniquement sur les bouses de vaches. Larve, asticot, adulte, la matière fécale accompagnera cet insecte tout au long de son développement. Charmant, n'est-ce pas !

Mantis religiosa


Un "nid" un peu particulier…

La Mante religieuse (Mantis religiosa) dévore son amant durant l'accouplement, c'est un fait connu de tous. Mais il n'y a pas que ceci qui soit surprenant dans le mode de reproduction de cette espèce. La ponte est également assez remarquable. En effet, la femelle est « ovipare », c'est-à-dire qu'elle pond des œufs. Jusque-là, rien d’unique. Mais pour leurs assurer une protection efficace, elle construit ce qui s’appelle une « oothèque ».
Pour cela, elle émet une substance visqueuse qu'elle va faire mousser et dans laquelle elle va déposer sa progéniture. Ce cocon va durcir à l'air, puis fournira une chaleur constante aux larves durant leur développement et les protègera des intempéries. Ce nid, abritant plusieurs centaines d'œufs, doit en effet être résistant car les jeunes insectes n'en sortiront que 8 à 9 mois plus tard. Quant à la femelle, après avoir fabriqué plusieurs oothèques, elle mourra pendant l'hiver.

Mantis religiosa


Elle n'a de religieux que le nom…

Qualifiée de religieuse en raison de sa posture, la Mante (Mantis religiosa) n'a pourtant rien d'une sainte. Loin de prier pour le salut de ses proies, elle s'apprête plutôt à manger ! Sa technique de chasse est pour le moins impressionnante : à l'affût, elle attend parfaitement immobile qu'un insecte passe à proximité, puis elle tourne doucement la tête vers celui-ci, car sa vue est meilleure de face. Au besoin elle change très lentement de position… Vision pouvant passer pour terrifiante...
Puis, d'un mouvement d'une extrême précision et d'une rapidité surprenante, elle déploie ses pattes ravisseuses et capture sa proie. Les épines maintiennent fermement l'insecte pendant qu'elle commence à le dévorer à l'aide de ses puissantes mandibules.
Et ne croyez pas que Madame soit sentimentale, aucun traitement de faveur n'est accordé au mâle. Donc si une petite faim se fait sentir pendant l'accouplement, Monsieur risque de faire partie du menu !

Hipparchia semele


Une conscience de lui-même ?

Ce petit papillon nommé l’Agreste pourrait bien faire enrager les photographes !
Car il est quasiment impossible de photographier Hipparchia semele les ailes ouvertes.
En effet, à peine posé sur une fleur ou à même le sol, il replie immédiatement ses ailes, ne laissant voir que la couleur gris-marron ornant leur face externe. Ce comportement lui permet de passer inaperçu aux yeux des prédateurs. Et lorsqu’il se pose au sol, ce papillon s’incline légèrement sur le côté afin de diminuer son ombre. Sacrément futé cet Hipparchia !

Xylocopa sp


Travaille le bois… Et sans outil !

Ce sublime (et imposant) insecte est une abeille solitaire. Connu sous le nom de Xylocope (Genre Xylocopa), on la qualifie de "charpentière" car elle passe sa vie à travailler le bois. A l'aide de ses puissantes mandibules, elle creuse des galeries dans lesquelles elle viendra déposer ses œufs ainsi que des boulettes nutritives, déjeuners qui attendront ses petits à leur naissance.
À les voir « attaquer » inlassablement le bois, certains les assimilent à des ravageurs. Pourtant, elles ont une préférence pour les bois morts ou les vieilles charpentes.
Alors si certaines élisent domicile dans vos poutres, ne les exterminez pas et prenez plutôt cela comme un avertissement qui vous informe qu'il est grand temps de faire vérifier l’état de vos charpentes !

Cicindela campestris


Attention, un fauve montre le bout de son nez !

Voilà "Tiger beetle" (Scarabé tigre) comme le nomment les Anglais. Chasseur redouté et redoutable, la Cicindèle des champs (Cicindela campestris) pourchasse ses victimes en leur courant après.
Comme l'adulte, la larve est une chasseuse d'insectes terrestres, mais n'étant pas douée d'une aussi grande rapidité, elle a développé une autre méthode. Tapie au fond d'un trou, tête vers le haut, elle attend patiemment que tombe un insecte pour l'attraper et le dévorer !
Dans la famille, on chasse de père en fils !