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jeudi 21 janvier 2010

Hivernale à Saint-Hubert



A quand le dégel ?

Les périodes de grand froid qui se prolongent sont souvent un moment critique pour bon nombre d'espèces. Le réseau des étangs de Saint-Hubert est resté gelé durant une bonne quinzaine de jours ; et même si l'ambiance quelque peu polaire a sublimé la vision que l'on pouvait avoir de cet endroit, la faune souffre de ces conditions particulièrement rigoureuses.
Lors de l'arrivée de ces vagues hivernales, certains oiseaux choisissent de déserter les lieux, d'autres s'adaptent bon gré, malgré… En tout cas, les déplacement se font souvent en terrain "glissant".

Pour découvrir le lieu, voir aussi le projet de balade virtuelle : bio-scene.org/bv/sthubert/
(en cours de développement).

Images tournées en janvier 2010 - Montage Aye-Aye environnement • Musique originale : Sydney Poma - Emotions virtu'elles - Jamendo (jamendo.com/fr/album/43600).

samedi 22 août 2009

Ixobrychus minutus



L'acrobate des roselières…

Entrons - pour quelques instants privilégiés - dans l'intimité du Blongios nain (Ixobrychus minutus)… Du moins celle qu'il consent à nous dévoiler car ce petit héron est de mœurs que l'on pourrait qualifier de discrètes.

Sa devise pourrait être, "pour vivre heureux, vivons cachés", un raisonnement certes un peu épicurien, mais qui lui est rendu accessible grâce à sa taille modeste (environ 35 cm de haut pour une envergure qui ne dépasse guère les 60 cm), et son plumage dont les couleurs se fondent admirablement dans le décor. Ses proies – constituées essentiellement de petits amphibiens, mais aussi de poissons ou de quelques insectes – le vivent souvent à leurs dépends et les images qui suivent en sont une belle illustration.

Images tournées en août 2009 - Montage Aye-Aye environnement •

mercredi 27 mai 2009

Teaser Côte d'Albâtre



Falaises blanches & silex noirs…

On appelle "Côte d'Albâtre" la côte normande sur la Manche correspondant au pays de Caux (elle constitue la quasi totalité du littoral de la Seine-Maritime). Entre les portions de falaises (dont les plus renommées sont celles d'Étretat et les plus hautes celles du Tréport) se sont formées des valleuses ou vallées suspendues de petits fleuves côtiers.
La Côte d'Albâtre est constitutive du Pays de Caux (du Havre jusqu'à Dieppe) et du Petit Caux (de Dieppe jusqu'au Tréport). Elle tire son nom de la blancheur de ses falaises, qui s'étirent sur 120 km, formant un paysage unique au monde. Seuls trois fleuves perçant une brèche ont permis l'implantation de villes :
  • Fécamp, sur la Rivière de Valmont ;
  • Dieppe, sur l'Arques ;
  • Le Tréport, sur la Bresle.
Hauts murs verticaux de calcaire s'élevant de 60 à 120 m au-dessus du niveau de la mer, les falaises sont par endroits lardées de veines de silex noirs. La mer les attaque et gagne ainsi jusqu'à un mètre par an, rongeant le pied des falaises par vagues incessantes : la partie haute finit par céder, ne reposant plus sur rien.
Les éléments crayeux se dissolvent dans l'eau, lui donnant une couleur gris bronze laiteux, tandis que la partie dure, les morceaux de silex, sont roulés et érodés par le remoud jusqu'à former des galets aux formes lisses et parfaites. Ces galets réduits en poudre entrent dans la fabrication de la porcelaine et sont utilisés dans l'industrie chimique.

Texte : source Wikipédia • Images tournées en juin 2008 - Montage Aye-Aye environnement •

Composition musicale : avec l'aimable autorisation de Sydney Poma
Swimming-pool / Emotions virtu'elles - Jamendo.

samedi 23 mai 2009

Alcedo atthis


"Pleurez, doux Alcyons ! ô vous oiseaux sacrés,
- Oiseaux chers à Thétys, doux Alcyons, pleurez !
- Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !"
(*)

Si l'on en croit la légende, l'Alcyon – nom que les anciens donnaient au Martin-pêcheur, Alcedo atthis – serait un oiseau fabuleux qui doit sa naissance à la métamorphose d'Alcyone et Céyx, couple célèbre de la mythologie grecque.

"Céyx se rend à Claros pour consulter un oracle, mais il se noie durant la traversée. Avertie par Morphée de la mort de son époux, Alcyone part à la recherche de son corps et finit par le retrouver. Pris de pitié devant son chagrin, les dieux métamorphosèrent le couple en martins-pêcheurs. Cette version est corroborée par le fait que lorsqu'une accalmie règne en mer, cette période est désignée sous le nom de « jours alcyoniens ».

Il était en effet admit que l'alcyon construisait son nid sur les flots, en pleine mer, et qu'il couvait ses oeufs durant les "jours alcyoniens", période qui correspondait aux sept jours qui précèdent et aux sept jours qui suivent le solstice d'hiver.

On dit que Zeus, sensible au sort des Martins-pêcheurs, avait accordé cette période de calme à l'oiseau afin que ses nids ne fussent plus sans cesse détruits par le vent et les vagues.


___________________________
(*) Citations de André Chénier
Poète français classique (1762-1794) mais précurseur du romantisme, qui est mort en martyr de la Terreur révolutionnaire.

Aegypius monachus


Des plumes sans teint…

La décoloration de certaines plumes des ailes est l'un des moyens qu'utilisent les ornithologues afin d'identifier des oiseaux en vol. En général, ceux-ci font l'objet d'un suivi, car ils font partie d'un programme de réintroduction, comme ce Vautour moine (Aegypius monachus) photographié dans les Gorges du Verdon.
Grâce à cette identification, on peut savoir que cet individu se nomme "Julia", que c'est une femelle née en captivité le 15 mai 2008 au zoo de Planckendael en Belgique et qu'elle fut relachée au "taquet" dans les Gorges du Verdon en même temps qu'un second individu, "Jean", le 2 août 2008.
Cette technique du "taquet" consiste à placer l'oiseau sur une corniche avant qu'il soit en âge de voler de façon à ce qu'il puisse, tout au long de cette période, s'imprégner du lieu et si tout va bien, se fixer sur la colonie et éventuellement s'y reproduire dès lors que l'âge de la maturité sexuelle sera atteinte. Cette femelle s’est envolée le 8 septembre 2008 à l’âge de 118 jours. Elle a été observée la première fois aux volières de Rougon le 7 octobre et y est observée régulièrement depuis lors des curées (Source LPO Verdon).

Teaser Gorges du Verdon



Les Gorges du Verdon, corridor écologique…

Le Vautour fauve (Gyps fulvus), avant sa disparition, était historiquement présent dans tout le bassin Méditerranéen. Les Gorges du Verdon restaient donc un milieu écologiquement très favorable à son retour dans le Sud-Est. Ce fut aussi un lieu stratégique pour permettre de reconstituer des liens entre plusieurs foyers de populations Européennes, depuis les Balkans jusqu'à la Péninsule Ibérique.
Suite au succès et à l'expérience acquise dans l'opération de réintroduction des Grands Causses (Gorges de la Jonte), l'association Vautours en Haute-Provence est créée en 1993 grâce à l'impulsion de deux hommes, Jean-Michel Tabard et Pierre Maigre. Deux ans plus tard, les différentes étapes indispensables à la réussite de ce projet sont mises en oeuvre : sensibilisation de la population locale, recherche de terrains et de partenaires techniques et financiers (Office National des Forêts, Parc naturel régional du Verdon, Espaces pour demain), obtention des autorisations administratives (Ministère de l'Environnement, Préfecture des Alpes de Haute Provence), construction des volières sur la commune de Rougon et récupération des premiers vautours en 1997. De 1999 à 2004, 91 vautours fauves seront libérés dans les Gorges du Verdon pour reconstituer une colonie.
En 2008, ce ne sont pas moins de 34 couples nicheurs qui se sont reproduits sur le site, avec 24 poussins nés cette même année. La population présente sur les Gorges du Verdon est désormais constituée d'une centaine d'individus, à laquelle il faut ajouter quelques Vautours moines (Aegypius monachus) qui, eux aussi, ont dernièrement fait l'objet d'un programme de réintroduction. (Source : LPO Verdon).

Images tournées en février 2009 - Montage Aye-Aye environnement • Musique originale : Joseph Holc.

VOIR TOUS LES MEDIAS des Gorges du Verdon

jeudi 21 mai 2009

Dossier Saint-Hubert - 4

Cygne tuberculé (Cygnus olor) en train de se nourrir


Les oiseaux de Saint-Hubert

Ce site se distingue par la diversité de son avifaune aquatique. Il est vrai que des étangs d’une telle superficie et dotés d’une végétation aussi riche sont le lieu idéal pour bon nombre d’oiseaux. Certaines espèces sont inféodées à ce type de milieu humide et vont y résider toute l’année, alors que pour d’autres, il s’agit simplement d’un site de nidification ou d’une halte lors d’un passage migratoire. Parmi la diversité des espèces d'oiseaux présentes sur le site, plusieurs attirent tout particulièrement l’attention des ornithologues. Citons, par exemple :
  • le Blongios nain (Ixobrychus minutus) ;
  • le Fuligule milouin (Aythya ferina) ;
  • le Canard souchet (Anas clypeata) ;
  • le Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis)
  • le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) ;
  • la Locustelle tachetée (Locustella naevia) ;
  • la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus) ;
  • la Grande Aigrette (Ardea alba) ;
  • le Héron pourpre (Ardea purpurea).
Cette liste bien qu'incomplète, ne peut faire l'économie d'évoquer la présence remarquable de certains rapaces, tels que :
  • le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), espèce particulièrement rare en Ile-de-France, visible lors des passages migratoires soit en mars-avril (passage prénuptial), soit en août-septembre (au cours de son retour hivernal à destination de l'Afrique) ;
  • le Busard des Roseaux (Circus aeruginosus) ;
  • le Buzard Saint-Martin (Circus cyaneus) ;
  • le très rare Aigle botté (Hieraaetus pennatus), autrefois commun sous nos latitudes ;
  • etc…
…et bien d’autres encore, dont beaucoup ont en commun le triste privilège de faire partie de la « liste rouge des espèces menacées » en France. C’est pourquoi, pour protéger ces espèces, il est avant tout primordial de préserver leur habitat, ici les étangs.

Grêbe huppé (Podiceps cristatus), en plumage nuptial

Mais, outre ces espèces quelques peu « particulières », il ne faut pas oublier les autres, certes plus communes, mais néanmoins intéressantes et dont les comportements sont toujours agréables à observer.



Citons comme exemple, parmi bon nombre d'autres espèces :
  • le Grand Cormorans (Phallacrocorax carbo)
  • le Canard Colvert (Anas platyrhynchos) ;
  • le Grèbes huppés (Podiceps cristatus) ;
  • le Foulques macroules (Fulica atra) ;
  • le Cygne tuberculé (Cygnus olor) ;
  • le Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) ;
  • la Mouettes rieuses (Larus ridibundus) ;
  • le Martin pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) ;
  • la Bernache du Canada (Branta canadensis), oie originaire d'Amérique du Nord, actuellement en expansion en Europe ;
  • le Hérons cendrés (Ardea cinerea) ;
  • Le Martinet noir (Apus apus)…

Femelle de Canard Colvert (Anas platyrhynchos)

Au cours des différents inventaires et suivis annuels, réalisés par bon nombre de passionnés amateurs ou spécialistes, ce sont au total plus de 230 espèces résidentes qui ont été dénombrées sur ce site, et plus de 400 lors des périodes de migrations (sur les presque 600 espèces que l'on peut observer dans toute la France !).




Navigation dans le sommaire :



Dossier thématique réalisé collégialement par :
Léonce Carré • Gaëlle Vandersarren • Philippe Macquet

jeudi 7 mai 2009

Alectoris rufa


« Gamefood »…

De taille intermédiaire entre un Faisan et une Caille, la Perdrix rouge est un oiseau pour le moins discret. Sa couleur variant entre les tons bruns-rougeâtre et le gris lui permettent de parfaitement se dissimuler dans les broussailles. Vivant en groupe de plusieurs dizaines d’individus, Alectoris rufa passe la majeure partie de son temps à chercher des graines au sol.
Chez les Anglo-saxons, on la qualifie de « gamefood » (ou « gamebird »), ce terme désignant un animal chassé pour sa viande (littéralement, chassé pour le jeu…).
La Perdrix est en effet l’oiseau le plus chassé. Il existe d’ailleurs des élevages destinés à augmenter les populations durant les périodes d’ouverture de la chasse. Contrairement à celle illustrée sur la photo, ces animaux de relâché n’auront pu jouir de leur liberté que durant un temps très court. Espérons pour eux que ces oiseaux imprégnés par l’homme retrouvent leurs instincts de conservation pour se donner quelques chances de survie.

Troglodytes troglodytes


Petit, mais pas vraiment discret…

De petits "tit-tit-tit" aigus et des "dzerr" roulés raisonnent dans la forêt. En levant la tête, on constate que Troglodytes troglodytes est à l'origine de ce concert, et il est étonnant de voir que ce Troglodyte mignon, un si minuscule oiseau, est capable de produire des sons aussi puissants.
En effet, cette petite boule de plume qui se promène tout le temps la queue relevée au-dessus du corps ne dépasse pas les 10 cm. Sautillant de branche en branche, ou plus fréquemment sur le sol dans un amas de branchettes, telle une souris, ce petit passereau est d'une incroyable vivacité. Alors pour le trouver, suivez la chanson et surtout, ouvrez grand les yeux !

Anas platyrhyncho


Ça cancane, ça caquète, ça nasille…

Oui il s’agit bien d’un Canard, et plus particulièrement d'un Canard Colvert (Anas platyrhynchos). Si Monsieur lance quelques doux « kreep kreep », Madame quant à elle est beaucoup plus bavarde, et se lance généralement dans de longs et bruyants « QUACK-QUACK-QUACK-quack-quack-quack ».
Mais est-il encore besoin de présenter ce volatile si connu ?
Il est vrai qu’avec sa tête couleur vert métallique, le mâle colvert est aisément reconnaissable. La femelle, plus terne, est marron tacheté, et si ce canard nous est tant familier, c’est qu’il est un habitué de nos parcs et jardins. On peut dire que cette facilité à s’adapter à notre environnement est un atout pour lui ; car son milieu naturel, composé de zones humides, est hélas en très forte régression.

Larus ridibundus


S’associer pour faire fuir l’ennemi…

Le « mobbing », en français traduire « houspillage », est un moyen de défense pratiqué par de nombreux oiseaux nichant en colonie, notamment la Mouette rieuse (Larus ridibundus). Cette technique – où plusieurs individus se regroupent et s’approchent du prédateur dans le but de le harceler et le faire fuir – consiste à éloigner les ennemis potentiels des jeunes poussins ou d'un lieu où l'oiseau est en préparation de nidification.
Pour cela, quand un membre de la colonie repère un danger, il sonne l’alarme (cris puissants). Il prend un risque en s’exposant de la sorte, mais annule en même temps l’effet de surprise du prédateur. Les adultes foncent alors sur celui-ci en criant, ne l’esquivant qu’au dernier moment. Ils vont même jusqu’à déféquer sur l’intrus, voire parfois lui vomir dessus. « Bombardé », attaqué de tout côté par une bande d’oiseaux hurlants, le prédateur, souvent effrayé, n’a d’autre choix que de « prendre ses jambes à son cou » !

Turdus philomelos


Concert "gratuit" ou recherche de nourriture ?

Attention Monsieur (ou Madame… Il n'existe pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce) va peut-être nous faire l'honneur de pousser la chansonnette. Car cette Grive musicienne, comme son nom l'indique, est un oiseau au chant mélodieux constitué de phrases claires et musicales, pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Mais d'habitude, pour faire entendre sa voix, cet oiseau se place sur un poste de chant, bien visible et surtout en hauteur.
Donc, étant au sol, il est plus probable que Turdus philomelos cherche plutôt sa nourriture. Appréciant particulièrement les escargots, il casse leur coquille en les tapant contre des pierres. Une fois qu'il a réussi, il n'a plus qu'à se délecter des viscères. Bon appétit, m'sieur-dames !

Corvus monedula


« Les oiseaux aux yeux d'argent…
ont pris possession de mon cœur »…

Ainsi parlait Konrad Lorenz, grand amoureux des animaux et tout particulièrement des Choucas des tours. Il est vrai que lorsque l'on s'intéresse à cet oiseau, intelligent et cocasse à la fois, il est difficile de lui résister.
Trop souvent confondus avec les corbeaux et les corneilles, il est pourtant d'une taille inférieure et doté d'un bec plus petit. Les Choucas sont des oiseaux peu farouches qui s'accommodent bien de la présence de l'Homme. Très curieux, ils apprécient les objets brillants et n'hésitent pas à chaparder quelques trésors pour aller les cacher dans leur nid.
D'un caractère affectueux, Corvus monedula était auparavant gentiment surnommé Chochotte, terme dont la signification a changé de nos jours. Sociable, vif, bruyant, le Choucas est également ce que l’on pourrait nommer un oiseau fidèle. Monsieur cherche sa belle au printemps suivant sa naissance puis ne s'en sépare plus de toute sa vie.

Prunella modularis


Tous à l’eau !

N’est-ce pas attendrissant de voir un oiseau se baigner ? Attendrissant ou comique ! Une flaque d’eau, un petit récipient et hop, il saute dedans ! Il plonge la tête, s’ébroue, projette des gouttelettes partout. Si pour nous, c’est une récréation, pour les oiseaux, comme ici cet Accenteur mouchet (Prunella modularis), maintenir leur plumage en bon état est fondamental à leur survie. Le bain leur assure une protection thermique et un bon état sanitaire.
L’eau débarrasse les plumes de toute saleté (boue, pollen, fruit…) et les humidifie, ce qui facilite l’étape suivante qu’est le lissage des plumes. Avec leur bec, les oiseaux ôtent les corps étrangers (parasites…), replacent correctement les barbules entre elles et répartissent sur leur plumage les sécrétions huileuses qui imperméabilisent les plumes. Ils procèdent à ce nettoyage minutieux au moins une fois par jour, été comme hiver où, pendant la saison rude, ils utilisent la neige, à la place de l’eau, pour se nettoyer.

Corvus frugilegus


Un oiseau clairvoyant…

Oiseau de mauvaise augure dans les croyances populaires du Moyen-Âge, le Corbeau freux (Corvus frugilegus) doit sa réputation à son allure sombre et peu rassurante, ainsi qu'à ses croassements lugubres.
Pourtant, autrefois on le disait d'un blanc immaculé. Mais à la suite d'actes coupables, son plumage a revêtu une couleur noire. En effet, il resta « pur » jusqu'au jour où il se présenta devant Dieu, un morceau de chair humaine dans le bec. Le courroux de ce dernier fut tellement grand qu'il condamna le Corbeau à la noirceur, symbole de tristesse et de désolation. Peu étonnant alors qu'il soit considéré comme le messager de la mort.
Certains vont même jusqu'à affirmer qu'un Corbeau croassant au-dessus d'une maison, annonce la maladie ou le décès imminent de l'un de ses habitants. D'où l'origine de l'expression « avoir la clairvoyance d'un Corbeau » !

Erithacus rubecula


Il se fera un nom lorsqu'il sera plus grand…

Voilà sûrement l'oiseau le plus populaire de nos jardins. Pour l'instant au stade juvénile, Erithacus rubecula n'a pas encore ses couleurs d'adulte qui le rendent si reconnaissable.
C'est après la mue que sa gorge se colorera et deviendra rouge d'où son nom de "Rouge-gorge".
C'est au travers d'une croyance religieuse que certains expliquent l'origine de cette tâche. En effet, on dit que c'est à sa pitié que le rouge-gorge doit la couleur de son plastron. La légende raconte qu'il suivit Jésus dans son calvaire, et, qu'ayant vu une épine qui s'enfonçait dans son front, il l'enleva doucement, se tachant du sang du Christ.

Accipiter gentilis


Super prédateur !

Il semblerait qu'un véritable festin se soit déroulé ici. Serait-on tombé sur l'antre d'un de ces ogres de conte pour enfants ?
L'animal responsable de ce banquet n'est autre qu'un Accipiter gentilis, rapace diurne craint par les étourneaux, grives, merles, corneilles, perdrix, canards ainsi que par les autres petits rapaces. Mais l'Autour des palombes ne dédaigne pas non plus les jeunes lièvres et lapins de garenne. Le cannibalisme est également fréquent chez cette espèce. Ce redoutable prédateur est doté d'un super appétit !
La surprise est sa technique d'attaque : planant silencieusement dans le ciel, ou se dissimulant dans la végétation, il surprend sa proie en lui plongeant dessus avec une rapidité surprenante. Une fois capturée, après une course-poursuite effrénée dans le sous-bois, la victime est consommée sur place ou bien transportée dans un endroit calme. Mais visiblement, notre Autour est partageur, du moins lorsqu'il s'agit de sa progéniture qu'il nourrit au nid !


NB : cette photo a été réalisée en dehors de la période de reproduction, dans le cadre d'un suivi scientifique de l'espèce.

mercredi 6 mai 2009

Dendrocopos major juvénile


Mais où sont-ils donc passés ?

Pas d'adulte en vue pour ce jeune Dendrocopos major qui attend fébrilement ses parents. La faim le tiraillant, le poussin Pic épeiche sort la tête pour réclamer à manger de façon insistante.
Insectes, larves, graines, fruits… Les parents se relayent pour nourrir leur progéniture. De leur longue langue effilée et visqueuse, ils explorent les troncs et les branches à la recherche de nourriture. Mais avec leur bec puissant, il leur arrive de s'attaquer à d'autres proies comme des cavernicoles, par exemple les mésanges. Brisant le nichoir de ces dernières, ils s'emparent des oisillons afin de les donner à leur propre couvée.
Mais on est au mois de juin, le temps de la quiétude et de la nourriture à domicile touche à sa fin. En effet, ce sera bientôt le moment pour ce jeune oiseau de quitter le nid douillet afin de prendre son envol et vivre sa vie d'adulte.

Falco tinnunculus


Un rapace qui fait de "l'esprit"…

Parfaitement immobile, cet oiseau de proie scrute de sa vue perçante les environs. Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un rapace diurne qui chasse toutes sortes de petits mammifères (rongeurs), de reptiles (lézards) et d’amphibiens (grenouilles). Il affectionne les grandes étendues tels les champs cultivés ou les prairies, lieux parfaits pour dénicher ses mets favoris.
C’est un efficace prédateur, qui capture ses proies avec agilité. Sa technique de chasse permet de l’identifier aisément : en vol, il pratique un vol stationnaire très vif, surnommé vol en « Saint-Esprit » (battant des ailes rapidement face au vent, il scrute le sol, la queue étalée et rabattue vers le bas, en tournant sans cesse la tête de droite à gauche). Puis il plonge soudainement, ses ailes repliées, pour saisir sa proie entre ses serres.
Il n’est pas rare de voir des Faucons crécerelles sur les bords des chemins et routes campagnardes, ou à l’affût sur un poteau électrique. On ne détecte leur présence qu’au dernier moment, lorsque l’on s’aperçoit qu’une masse un peu plus volumineuse et différente du reste de l’environnement est là.

Prunella modularis


Madame doit faire des jalouses !

En effet, la femelle de Prunella modularis – petit passereau nommé Accenteur mouchet – pratique ce qu’on appelle la polyandrie.
Peu répandue dans le monde animal, cette pratique signifie qu’elle peut avoir plusieurs partenaires sexuels. Chez cette espèce, on constate généralement 2 mâles pour une femelle.
Car on a remarqué que les femelles n’obtiennent pas davantage d’aide parentale avec plus de deux partenaires, ces derniers réduisant leur effort de paternité quand leur rôle de père diminue.
Par contre, elles sont plus souvent « sollicitées »… Alors deux mâles, c’est un bon compromis !