vendredi 3 juillet 2009
Pseustes sulphureus
Un serpent plutôt "gonflé"…
Les jeunes, tout comme les adultes de Pseustes sulfureus utilisent une posture d'intimidation qui ne manque pas de faire son effet, surtout si le serpent est de belle dimension : importuné, ces derniers gonflent leur gorge, agitent l'extrémité de leur queue, se redressent sur le premier tiers de leur corps et, au besoin, attaquent la gueule ouverte pour mordre.
Pour autant, une rencontre avec un bel adulte - dès lors que nous n'avons développé aucune agressivité chez lui - fut des plus pacifiques. Comme quoi, l'agression est bien souvent, dans le monde animal, une réponse à une source extérieure de stress.
Images tournées en janvier 2003 - Montage Aye-Aye environnement •
mercredi 10 juin 2009
Bothriopsis bilineata
La diversité des serpents…
La présence des ophidiens à travers quasiment toute la planète, dans les milieux les plus divers, est en grande partie liée à leurs adaptations morphologiques. Tel est le cas de ce Jacquot (Bothriopsis billineata), Vipère Sud-Américaine qui s'est spécialisée dans une vie arboricole. Elle dispose notamment d'une queue préhensile et d'une coloration fortement homochromique, lui permettant de se fondre dans la végétation et de se déplacer avec aisance sous les plus hautes strates du couvert forestier. La trouver au niveau du sol est plutôt exceptionnel…
Images tournées en janvier 2004 - Montage Aye-Aye environnement •
Anilius scytale
Noms vernaculaires : Serpent à 2 têtes, également appelé Faux corail ou serpent-rouleau ;
Répartition : nord de l'Amérique du Sud ;
Biotope : forêt tropicale humide ;
Mode de vie : nocturne - semi-fouisseur, et semi-aquatique ;
Reproduction : ovovivipare (entre 6 et 15 jeunes) entre avril et juillet ;
Régime alimentaire : amphibiens apodes, serpents, lézards, poissons, arthropodes.
Particularité : la technique de défense de ce serpent consiste à se cacher la tête sous son corps aplati tout en dressant sa queue pour servir de leurre.
Anilius scytale

Un vestige ancien…
L'Anilius scytale (Serpent rouleau) est un serpent considéré comme étant relativement primitif, et comporte des vestiges de bassin et des fémurs, preuve que les serpents descendent bien d'ancêtres comportant des membres.
Il est l'unique représentant de sa Famille, les Aniliidés. La tête, assez petite, est directement dans la continuité du reste du corps qui est cylindrique. La taille adulte est d'environ 80 cm, mais certains individus peuvent atteindre 1 mètre. L'œil – à la pupille ronde – est petit mais bien visible. Contrairement aux autres serpents, les yeux ne sont pas recouverts par une écaille fixe, mais affleurent au milieu d'une écaille de la tête.
mercredi 6 mai 2009
Natrix natrix

Exhibition pour le moins falacieuse !
Quelle actrice quand même cette Couleuvre à collier ! Aviez-vous cru à sa mort en la regardant ? Il est vrai que Natrix natrix est particulièrement douée pour simuler son dernier souffle. Quand elle se sent piégée et n'a aucun moyen de fuir, elle commence par excréter des selles liquides très odorantes pour repousser l'ennemi.
Cette odeur fétide provoque souvent la fuite de ce dernier, mais si cela ne suffit pas, elle s'enroule sur elle-même, retourne la tête et ouvre grand la gueule et les yeux. Il faut avouer que c'est tout de même bien joué car une couleuvre morte, qui plus est en putréfaction, qui aurait envie d'en faire son repas ?
Natrix maura

Aspect étrange, regard inquiétant…
Voilà un animal à priori peu rassurant ! Un réflexe atavique laisse croire de suite que « vu son physique, c’est forcément un reptile dangereux ! ». En réalité, il s’agit de Natrix maura ou Couleuvre vipérine, qui n’a de vipère qu’une vague ressemblance avec cette espèce lorsqu’elle aplatie la tête pour impressionner son adversaire.
Pour autant, cette couleuvre est en réalité parfaitement inoffensive. Si elle attaque (chose fort rare), pour avoir été trop embêtée, c’est toujours la gueule fermée ne faisant que taper avec son museau. Mais, souvent confondue avec une vipère, elle est aujourd’hui en forte régression car tuée pour «délit de sale gueule» et par ignorance de ses mœurs placides.
En conclusion : ne vous fiez pas aux apparences, ça peut être trompeur !
mardi 5 mai 2009
Hierophis viridiflavus

Petite… mais déjà bien sur la défensive !
« Prenez garde, ne vous approchez pas trop ! » semble vous prévenir cette très jeune Couleuvre verte et jaune. Il est vrai que Hierophis viridiflavus est d’un tempérament plutôt vindicative, même lorsqu’il s’agit, comme sur cette photo, d’un juvénile qui n’a pas plus de quelques jours.
Pour intimider quiconque venant le déranger, il fouette sa queue au sol et, si cela ne suffit pas à faire fuir l’intrus, n’hésite pas à attaquer pour chercher à mordre. Mais rassurez-vous, sa morsure n’est absolument pas venimeuse.
lundi 4 mai 2009
Oxybelis aeneus

Qui m'appelle ???
Aurait-on dérangé ce serpent pour qu'il nous fasse ses gros yeux ? Sortant juste la tête de sa cachette, il semble nous dire oust ! Laissez-moi un peu de tranquillité !
Importuné ou ayant décelé notre présence, Oxybelis aeneus se prépare à sortir sa langue bifide pour nous "sentir" afin de mieux identifier à qui il a affaire. Très peu agressif, il peut cependant en de très rare cas attaquer mais sa morsure n'est pas véritablement dangereuse pour l'homme car étant Opistoglyphe, ses crochets venimeux sont bien en arrière de la bouche, et donc le venin est assez difficile à inoculer chez l'homme.
En réalité, ce Serpent liane (ou "horse whip" qui signifie cravache), appelé ainsi à cause de son aspect filiforme et par son mode de vie semi-arboricole, dispose d'un venin qui lui sert à capturer grenouilles, lézards et oiseaux plutôt qu'à agresser le genre humain.
Oxybelis aeneus

Jeu de camouflage…
Attention vous avez 10 secondes pour trouver quel animal se cache sur cette photo… Trouvé ? Félicitation car le camouflage et la discrétion de cet Oxybelis aeneus sont particulièrement efficaces, bien qu’ils ne vous aient pas trompé.
Mais serez-vous aussi bon in situ pour dénicher ce Serpent liane ? Là, c'est peut-être une autre histoire. Immobile dans la végétation, il est particulièrement difficile à repérer. Pour nous, mais également pour ses futures victimes qui lui serviront de repas !
samedi 2 mai 2009
Liophis breviceps

Le Genre Liophis
… comprend une cinquantaine d'espèces réparties entre l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Ils sont aglyphes (sans crochets venimeux) et ont un corps cylindrique avec une tête allongée et assez peu distincte du corps. En Guyane française se trouve 6 espèces. Il s'agit de :
- Liophis breviceps (ici illustré) ;
- Liophis cobellus ;
- Liophis miliaris ;
- Liophis reginae ;
- Liophis typhlus ;
- et enfin, Liophis lineatus.

La caractéristique qui le distingue rapidement des autres Liophis est une face ventrale en damiers rouges et noirs exceptées les sous-caudales qui sont elles à damiers noirs et blancs.
Micrurus hemprichii

Attention ! anneaux = danger potentiel…
Bien que n'étant pas d'une taille gigantesque (de 45 à 60 cm en moyenne), ce serpent du Genre Micrurus capture et immobilise ses proies grâce à un venin dit "neurotoxique". Celui-ci produit des effets paralysants en diffusant de façon rapide une protéine dans l'organisme de la victime.
Le Micrurus emprichii, ici illustré, fait partie de ces vrais "serpents corail" qui ont cette adaptation spécifique des espèces dites "protéroglyphes" : à l'avant de la mâchoire se trouvent deux petits crochets fixes, reliés à une glande à venin, suivi de petites dents pleines.
Certaines espèces ont développé une faculté de mimétisme en prenant une apparence physique (alternance d'anneaux colorés) qui se rapproche des Micrurus (voir Oxyrhopus aff. melanogenis qui est mimétique du Micrurus hemprichii).
Oxyrhopus aff. melanogenys

Classification : en attendant d'en savoir un peu plus…
Le principe de la science, à priori est de savoir ne pas être figé et d'être remis perpétuellement en question face aux connaissances nouvelles ; ceci explique cela pour le cas de cet Oxyrhopus aff. melanogenys. Un petit état des lieux s'impose :
Deux espèces étaient initialement répertoriées en Guyane française :
- Oxyrhopus formosus ;
- Oxyrhopus petola.
Depuis, Oxyrhopus aff. melanogenys, a pris le parti de rester en position lovée, tranquillement, et n'a pas l'air trop perturbé par ce débat d'expert…
Oxybelis aeneus

Gros plan sur…
Oxybelis aeneus est l'illustration la plus frappante du terme générique de "Serpent liane" donnée à différentes espèces de serpents arboricoles qui ont cette extraordinaire faculté de se fondre de façon parfaite dans la strate arbustive.
Outre la beauté intrinsèque de ces serpents, ce qui les caractérise est un corps très fin, tout en longueur (entre 1 m et 1,5 m), où se distingue une tête fine en forme de pointe. Le tout parfaitement en homochromie avec le ton naturel d'une branche.
Il ne suffit plus à ce serpent qu'à se tenir immobile à l'affût pour prélever son futur repas de tout amphibien ou lézard imprudent qui passerait trop près… Les proies de petites tailles sont immédiatement ingérées, tandis que les plus grosse sont maintenues quelques instants le temps que le venin injecté fasse son effet.
Pseustes poecilonotus

Do not disturb !
Ce Pseustes poecilonotus ne laisse planer aucun doute sur ses intentions si l'on persiste à le déranger… Pour le moins démonstratif, ce serpent dispose d'arguments bien aiguisés pour nous enjoindre à le laisser en paix. La clé de sa défense : savoir faire face et dissuader.
Sa position ramassée lui laisse en effet toute opportunité de se détendre vigoureusement pour mordre en déployant les deux tiers de son corps. Si cela ne suffit pas, la partie antérieure de ce serpent se gonfle et l'extrémité de la queue se met à vibrer.
A bon entendeur…
Pseustes poecilonotus

Une jeunesse qui se fait dans le "velour"
Pseustes poecilonotus est l'une des deux espèces du Genre rencontrées en Guyane française. Comparé à Pseutes sulphureus, ce serpent est d'une taille moins imposante (dimensions moyennes comprises entre 1 m et 1,4 m tandis que P. sulphureus dépasse bien souvent les 2 m). Il est diurne et a des mœurs soit terrestre, soit semi-arboricole. À l'instar de son proche cousin, celui-ci est mordeur et n'hésite pas à prendre une posture de défense qui se montre bien dissuasive face à un éventuel opportun.
L'allure générale du juvénile diffère de l'adulte : ses couleurs et la texture de ses écailles laisse l'impression d'un corps "velouté" et non rugueux comme c'est bien souvent le cas pour les serpents…
Les morsures de serpents
- la morsure accidentelle qui se produit dans la nature lors d’une rencontre avec un serpent. Dans 90% des cas, ce sont les membres inférieurs qui sont atteints, et dans 40% des cas, il n’y a pas d’injection de venin, celle-ci étant un réflexe volontaire du serpent.
- la morsure hasardeuse qui se produit lors d’une manipulation volontaire. Dans 90% des cas, l’envenimation est plus grave que lors d’une morsure accidentelle.
Les morsures hasardeuses sont apparues dans les pays développés durant des vingt dernières années. De plus en plus de personnes, zoologistes professionnels et amateurs s’intéressent aux reptiles et conservent des spécimens vivants. C’est pendant l’entretien courant de l’animal (nettoyage de la cage, alimentation, soins vétérinaires, prélèvement de venins) que survient la morsure. L’injection du venin est pratiquement constante et la quantité inoculée est souvent importante. Si la gravité de l’envenimation est la règle, deux facteurs sont relativement favorables: l’identité de l’agresseur est certaine et la proximité d’un centre médical est fréquente.
Une morsure hasardeuse est toujours le résultat d’une erreur de manipulation ou d’appréciation. Selon une statistique faite en France, le risque est d’environ 0.25 accident par année et par personne, c’est-à-dire une morsure tous les quatre ans. Le risque est identique dans les élevages amateurs et professionnels.
Source : Vivario le site communautaire des passionnés de serpents
Taeniophallus nicagus

Un cas douteux…
Dans bien des cas, l'identification d'un serpent ne va pas sans poser de problème ; soit les critères sur photos sont difficiles – voire impossible – à déterminer avec la précision nécessaire, soit la classification n'est pas encore aboutie et plusieurs noms sont utilisés pour déterminer une même espèce…
C'est probablement le cas de cet individu qui, dans le Guide des Serpents et Amphisbènes de Guyane de Fausto Starace prend pour nom Rhadinea brevirostris qui a été décrit en 1934 par SHREVE. Or depuis, cette espèce a été (re)classée dans le Genre Taeniophallus brevirostris, lui-même décrit en 1963 par PETERS. Pour compliquer encore plus l'affaire, il pourrait plutôt s'agir de Taeniophallus nicagus décrit en 1868 par COPE…
Comme quoi, la classification scientifique du vivant a encore du chemin à parcourir pour devenir quelque chose de véritablement accessible au-delà d'un cercle de spécialistes…
Mais, faute de mieux et en attendant que ce débat d'experts soit un jour clos, les néophytes que nous sommes ne sont pas forcément obligés de rentrer dans cette complexité et peuvent se contenter de s'émerveiller devant toute cette diversité !
Thamnodynastes pallidus

Un faux cobra… en taille miniature !
Ce "Serpent de la brousse" (Thamnodynastes pallidus), comme le nomment les Brésiliens est une petite couleuvre venimeuse, très fine dont la taille ne semble pas excéder 60 cm (en moyenne entre 35 et 45 cm). On le trouve dans les savanes et dans les milieux anciennement secondarisés. Lorsqu'il se sent menacé, cette espèce ne manque pas d'aplatir son cou et de coiffer à la façon d'un cobra en faisant face à son adversaire. Malgré ses petites mensurations, la posture d'intimidation se veut relativement efficace.
Une seconde espèce appartenant à ce Genre, qui en compte 16, se trouve en Guyane française mais semble beaucoup plus rare à observer : il s'agit de Thamnodynastes strigilis (image manquante bienvenue).
Philodryas viridissima

Le Genre Philodryas
Ce Genre comprend 21 espèces réparties dans la presque totalité du Continent Sud-américain. Ces serpents sont dit opistoglyphes (ayant des crochets venimeux) et la morsure peut être considérée comme potentiellement dangereuse (la prudence s'impose donc).
Trois espèces sont répertoriées en Guyane française :
- Philodryas olfersii ;
- Philodryas oligolepis (apparemment très rare) ;
- Philodryas viridissima (ici illustré).
Pseustes sulphureus juvénile

Le Genre Pseustes
Il existe 5 espèces faisant partie de ce Genre, dont 2 se trouvent présentes en Guyane française :
- Le Pseustes sulphureus (ici, un juvénile illustré) ;
- Le Pseustes poecilonotus.
A l'âge adulte, il s'agit d'une couleuvre assez massive et d'une taille à l'âge adulte qui dépasse fréquemment les 2 mètres. Cette espèce est arboricole et est diurnes. Il font partie des espèces nommées "Serpents chasseurs" comme ceux du Genre Chironius et le Spilotes pullatus en raison de leur morphologie particulière.
Les jeunes, tout comme les adultes, utilisent une posture d'intimidation qui ne manque pas de faire son effet, surtout si le serpent est de belle dimension : importuné, ces derniers gonflent leur gorge, agitent l'extrémité de leur queue, se redressent sur le premier tiers de leur corps et, au besoin, attaquent la gueule ouverte pour mordre.
Pour autant, une rencontre avec un bel adulte – dès lors que nous n'avons développé aucun stress chez lui – fut des plus pacifiques.

