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jeudi 7 mai 2009

Papaver rhoeas


"Dans mon cœur de fleurs fanées…
Un coquelicot s'est éclos, il repeint mon cœur Rouge Sang"

Anciennement nommé Coquerico en raison de sa couleur rouge vermillon similaire à celle de la crête du coq, le Coquelicot (de l'Ordre des Papaverales) est une fleur fragile qui symbolise la liberté car elle flétrit dès qu'on l'arrache à la terre.
Mais elle porte également en elle le souvenir des soldats morts. En effet, durant les guerres Napoléoniennes, les champs de batailles, nus avant les bombardements, se couvraient ensuite de Coquelicots. Les terrains recouverts de poussières de chaux favorisaient la venue de ces fleurs rouge sang. Mais à peine la guerre finit, les Coquelicots ont disparu. Leur présence a inspiré le lieutenant John Mc Crae dans son poème "In Flanders Fields" (Au champ d'honneur). Depuis, dans de nombreux pays, les gens cultivent chaque année le Papaver rhoeas pour montrer qu'ils se souviennent de ceux et celles qui sont morts durant les guerres.

Liriodendron tulipifera


Patience avant d'éclore…

Le Tulipier de Virginie est une essence végétale originaire d'Amérique du nord, importée en Europe au 17ème siècle. Son nom peut nous laisser imaginer une frêle plante aux fleurs d'un jaune éclatant, ce qui n'est absolument pas le cas !
Il s'agit en réalité d'un arbre au tronc pouvant atteindre les 2 m de diamètre, et à la taille avoisinant les 60 m. Ce n'est donc pas un petit gabarit ! Et pour admirer ses jolies fleurs, il faudra vous armer de patience. Quinze à vingt ans sont nécessaires pour que Liriodendron tulipifera devienne mature et puisse enfin fleurir !

Trifolium pratense


3 folioles, je n'intéresse personne… À 4, je deviens magique !

Envahissant pâtures et champs, le Trèfle (Trifolium pratense) est une plante herbacée très commune. Composé de feuilles à 3 folioles, il arrive que certains en possèdent quatre. Ces « Trèfles à quatre feuilles » sont la résultante d’une mutation génétique.
Mais parce qu'ils sont beaucoup moins fréquents que les trèfles à trois feuilles, on leur attribue des vertus plus ou moins magiques, comme le fait de porter chance à celui qui le trouve.
Selon une légende, chaque feuille a une signification bien particulière : la première représente l'espoir, la seconde la foi, la troisième l'amour et la quatrième, s’apparente naturellement à la chance.
Certains montrent un tel engouement pour ce petit porte-bonheur, qu’ils ont créés des clubs de collectionneurs. On peut distinguer deux types de passionnés : ceux qui trouvent, volontairement ou non, des trèfles et que l’on nomme Quadrifoliistes, et ceux qui les collectionnent, que l’on appelle Ultratrifoliophiles. Pour ceux qui n’auraient pas la patience de chercher ces précieux trèfles à quatre feuilles, il existe désormais des sites Internet qui en vendent ! De nos jours, tout est bon pour faire marcher le commerce…

Stellaria holostea


Ah, la biologie végétale !

Petite plante des talus et des bords de chemin ensoleillés, Stellaria holostea tire son nom du latin "Stella" qui signifie étoile, en raison de ses pétales échancrés. La Stellaire est une plante dite « gynodioique », terme assez barbare signifiant que sur un pied, il y a tout à la fois des fleurs hermaphrodites (donc dotées des organes mâles et femelles), et des fleurs femelles (mais pas de fleurs mâle …).
Pour les individus ayant les deux sexes, on parle d'hermaphrodisme successif car ils acquièrent les caractères mâles et femelles à différents moments. L'androcée (organe mâle constitué par les étamines) se développe avant le gynécée (organe femelle) : on parle alors de « protandrie ».
La pollinisation, quand à elle, est dite « entomogame » : le pollen est véhiculé par les insectes. Quant à la dissémination, elle est « barochore ». Mot dérivant du latin « baros » qui implique une idée de gravité, c'est-à-dire que les graines tombent à proximité de la mère.
Pas toujours simple le vocabulaire scientifique, mais il suffit de s'y mettre un peu pour devenir passionné !

mercredi 6 mai 2009

Bellis perennis


Au menu du jour: salade Bellis !

Bellis perennis, ce nom ne vous dit rien ? La belle se cache, nous tourne le dos et dissimule ses pétales. C'est pourtant une fleur connue de tous, petits et grands, peut être même la plus connue. Il s’agit de la Pâquerette.
Jolie petite fleur qui envahit jardins et prés quand arrivent les beaux jours. C'est d'ailleurs son abondance dans les zones herbeuses qui lui a valu son nom : Pâquerette vient de l'ancien français "Pasquier" qui signifie pâturage.
Comme beaucoup de plantes, la Pâquerette possède des vertus médicinales (soigne les aphtes, soulage les courbatures et torticolis, purifie le sang), mais également culinaires. En effet, ses feuilles peuvent être consommées en salade, mêlées à du pissenlit. Mélange sûrement très apprécié par les lapins ! Et vous, vous laisseriez-vous tenter par la salade Bellis ?

Digitalis purpurea


Une toxicité qui peut aussi soigner…

Digitalis purpurea, ou Digitale pourpre de son nom commun, est une plante vivace que l'on rencontre un peu partout en France. Cette Digitale – extrêmement toxique – possède d'importantes propriétés thérapeutiques.
En effet, cette plante produit de nombreux sucres complexes (hétérosides), en particulier la digitoxine, connue dans le milieu médical sous le nom de digitaline. Il s'agit d'un puissant glycoside cardiotonique, médicament utilisé pour traiter diverses affections du cœur, notamment l'insuffisance cardiaque. Quand les plantes viennent au secours de l'Homme…

Lychnis flos-cuculi


Quand chante le Coucou…

Printemps, prairie humide, zone marécageuse... Fleur dotée de 5 pétales couleur rose tendre, chacun divisé en quatre lanières de largeur inégale...
Vous voilà sans nul doute en présence de Lychnis flos-cuculi.
Largement répandue en France, cette fleur est appelée Lychnis fleur-de-coucou. Pourtant cet oiseau n'a aucune affection particulière pour ce végétal. Ils n'ont d'ailleurs aucune relation. C'est la période de floraison de la Lychnis qui est à l'origine de ce nom. En effet, ses fleurs apparaissent au moment même où chante le coucou. Tout bêtement !

Taraxacum officinale


Réfrigérateur vide ?

Heureusement les champs sont plein de ressources ! Au printemps, les Pissenlits (Taraxacum officinale) envahissent les prés, et il n’y a pas que les lapins qui peuvent s’en délecter . Petite recette à déguster dès l’arrivée des beaux jours…
Pour 4 personnes : 250 g de pissenlits, 3 tranches de pain, 1 c. à s. de moutarde à l'ancienne, 1 c. à café de vinaigre de vin, 3 c. à s. d'huile d'olive, 3 c. à s. d'huile de tournesol, 1 gousse d'ail, sel, poivre.
  • 1. Éplucher et laver les pissenlits. Les essorer soigneusement ;
  • 2. Couper le pain en dés et les faire revenir dans l'huile de tournesol pendant 4 min. Ils doivent être dorés ;
  • 3. Éplucher la gousse d'ail, en frotter le fond d'un saladier ;
  • 4. Délayer la moutarde avec le vinaigre, ajouter l'huile d'olive, saler et poivrer ;
  • 5. Déposer les pissenlits dans le saladier ainsi que les croûtons. Verser la sauce et mélanger.
Accompagné d’œufs mollets, voilà un plat bien complet !

Belis perrenis


Un bien joli fouillis !

Quel plaisir en été de se promener dans les champs… S'allonger sur l'herbe, sentir sous les pieds nus le contact frais de la végétation, souffler sur les akènes plumeux des pissenlits…
Cette explosion de pâquerettes (Belis perrenis)et de fleurs diverses est un plaisir pour les yeux ! Enfin, quand cela ne se passe pas dans notre jardin, dirait-on en France. Il est vrai que ces plantes sont souvent dans nos représentations un cauchemar pour le jardinier rêvant de beaux jardins à la Française ; bien nets, bien "entretenus".
Nos plantes cultivées et celles qui s'invitent se livrent une véritable guerre de territoire : c'est à celle qui poussera le plus vite et profitera des rayons du soleil. Généralement, les espèces sauvages s'acclimatent très rapidement ! À peine la pelouse est-elle tondue, que les voici déjà de retour ! Notamment les jolies pâquerettes. Car ces petites fleurs s'adaptent mieux quand l'herbe est rase. Donc plus vous tondez, plus elles se développent (et réapparaissent) rapidement ! C'est un jeu sans fin, mais la nature est tellement prolixe, le plus sage n’est-il pas de la laisser s'inviter un peu chez vous.

Rosa banksiae


Petite merveille jaune

Originaire de Chine, le Rosier de Lady Banks (Rosa banksiae) est une plante grimpante au port à la fois sauvage et gracieux. Il fut introduit en Europe en 1824 pour ses qualités esthétiques. Ce rosier-liane inerme, c’est-à-dire dépourvu d’épine - bien qu'il puisse parfois porter quelques aiguillons sur les tiges les plus fortes – peut atteindre les 10 m d’envergure.
Se souciant peu de la nature du sol (acide, neutre, alcalin, pauvre, fertile…), il redoute par contre l'humidité. C’est pourquoi, ce spectaculaire rosier liane est réservé – malheureusement - aux régions chaudes. Son feuillage est persistant, et ses fleurs sont disposées en rosettes doubles, le tout formant de jolis bouquets de couleur claire (blanc à jaune pâle).
Les tiges, souples, se torsadent facilement et peuvent être placées selon votre envie. À moins que vous ne préfèreriez laisser faire la nature : ce rosier sarmenteux grimpera alors à l'assaut des arbres et des murs, dans un fouillis inextricable de lianes ployant sous une avalanche de petites roses. Attention tout de même, car il peut rapidement envahir votre jardin.

Drosera rotundifolia


Long, long… Très long supplice !

Attiré par les gouttelettes odorantes de cette Drosera rotundifolia, l'insecte ne s'est pas méfié du danger. Alléché par l'odeur, il s'est posé sur ses feuilles, qui seront désormais son dernier support. Car cette plante à l'aspect si fragile est en effet carnivore.
Elle attend qu'un insecte s'approche pour se refermer sur lui. Mais ne vous attendez pas à la voir s'agiter et mastiquer sa proie. Cette Drosera à feuille ronde ne peut être rapide et le piège qui se referme alors sur cet insecte est terriblement lent.
À peine est-elle effleurée que l'insecte reste englué dessus. Ne pouvant s'en dégager, il ne lui reste plus qu'à attendre sa dernière heure. Et elle se fait désirer ! Les sucs digestifs de la plante vont le digérer très lentement. Deux à trois semaines seront nécessaires pour une digestion complète. En conclusion de ce drame, et sans suspens quant à l’issue finale, il ne restera du criquet qu'une carapace desséchée.

Ophrys araneola


Une grande famille…

Une grande famille…

Orchidée… Voilà un nom de fleur qui sonne « exotique » à l’oreille. Ces plantes – rassemblant pas moins de 800 genres constitués d'environ 30.000 espèces – colonisent pourtant tous les milieux de la planète (à l’exception du désert). Terrestres ou épiphytes (utilisant d’autres plantes comme support pour pousser), la Famille des Orchidées est majoritairement présente en milieu tropical. Néanmoins, la France peut se vanter d’être le pays d’Europe possédant le plus grand nombre d’espèces différentes (150 à 160 espèces sauvages).
Fleurs à grande variabilité génétique, les Orchidées sont l’objet de nombreuses manipulations et transformations de la part d’horticulteurs et de passionnés. Les hybrides, vendus en jardinerie sous le nom « d’Orchidées de rebord de fenêtre », sont le fruit de ces expériences. On en recense pas moins de 100.000 variétés. Ces fleurs sont principalement utilisées pour leurs qualités décoratives, mais certaines peuvent également être consommées. La plus célèbre étant la Vanille (Vanilla sp).
Dans l'Antiquité, on prêtait des qualités médicinales aux Orchidées, ce qui n’est plus le cas de nos jours. Cela dit, vu le nombre d'espèces existantes, il n'est pas exclu que certaines puissent servir la médecine dans l'avenir.

mardi 5 mai 2009

Euphorbia characias


Soleil et rocaille… Voilà ce qu'il lui faut…

Portugal, garrigue méditerranéenne… Euphorbia characias est une plante qui se plait en milieu chaud et rocailleux. Arbuste au port buissonnant, ne dépassant guère un mètre, cette euphorbe est particulièrement appréciée pour ses qualités ornementales : ses inflorescences jaunes-vertes et ses feuilles au reflet bleuté apportent une surprenante touche colorée au jardin.
Par contre, faisant partie de la Famille des Euphorbiacées – regroupant des espèces très toxiques – la plante entière (tige, feuilles, fleurs) est nocive. Elle sécrète un liquide blanc, le latex, qui contient de l’euphorbone, substance très active aux propriétés purgatives.
Chez Euphorbia characias, ce produit est irritant pour la peau et dangereux pour les yeux. Il est donc conseillé de bien se laver les mains si l’on est entré en contact avec le latex (mais en dehors de cette substance, la plante ne présente aucun danger). Il faut également surveiller les animaux domestiques qui peuvent être tentés de « mâchouiller » cette Grande euphorbe, car ils risquent d’avoir de graves troubles intestinaux.

Epiphyte-ND


Le gîte mais pas le couvert !

Les épiphytes sont des plantes qui nécessitent la présence d’autres végétaux pour se développer. En effet, elles ne peuvent pousser à même le sol, et vont donc se servir de ces derniers comme support. Mais ce ne sont pas des plantes parasites : elles ne se nourrissent pas de l’arbre sur lequel elles ont élu domicile. D’ailleurs, « épiphyte » dérive du grec « epi » (sur) – « phyton » (plante) signifiant littéralement « à la surface de la plante ».
Ces végétaux – appartenant principalement aux Familles des Orchidaceae, Bromeliaceae et Cactaceae – sont capables de fabriquer leur propre sol en piégeant la matière organique morte et les poussières par leurs racines. Certaines plantes ont leurs racines ancrées sur un arbre, alors que d’autres les laissent pendre dans le vide afin de capter la moindre goutte d’eau lors d’une pluie ou d’une rosée matinale.
Ce sont des organismes « autotrophes photosynthétiques », c’est-à-dire capables de fabriquer leur matière organique à partir de lumière (qu’ils captent facilement grâce à leur position haute et suspendue) et de sels minéraux qu’ils trouvent dans l’humus présent sur les arbres.
Ces épiphytes sont des écosystèmes complexes, qui plus est, offrent à la faune une multitude de micro-habitats.

dimanche 3 mai 2009

Ranunculus acris


Le bouton-dort (!) mais quelqu'un veille au grain…

Mauvaise herbe nuisible à suc âcre, végétal vénéneux produisant des ampoules...
Que nous importait, petits, cette définition peu flatteuse de cette Ranunculus acris, appelée plus communément le Bouton d'or ! Pour nous, le bouton d'or nous amusait et, placé sous le menton, nous posions la question "est-ce que tu aimes le beurre ?"
Les insectes jouent-ils au même jeu ? Sûrement pas, mais pour cette très jeune sauterelle Leptophyes punctatissima (les ailes n'ont pas encore poussé), cette fleur jaune est un bon endroit pour se dissimuler !

Geranium robertianum


Nouveau parfum ?

Peu usité en Europe dans le domaine de la phytothérapie, Geranium robertianum – autrement nommée Herbe-à-Robert – possède pourtant de nombreuses vertus thérapeutiques. Cette plante médicinale à la fois astringente, diurétique et tonique, était auparavant utilisée pour soigner les hémorragies et les rages de dents (tisane à partir de la plante entière, à l'exception des racines).
Quant à son huile essentielle, elle possède des propriétés antiseptiques et facilite la guérison des plaies. Et si les moustiques vous embêtent un peu trop, ce Géranium peut remédier au problème. En frictionnant les feuilles sur votre corps, vous libérerez une odeur qui les repousse. Pour certaines personnes, c'est une odeur forte à la fois sauvage et musquée, pour d'autres il s'agit plutôt d'une odeur de bouc ! Alors, à vous de juger…