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samedi 23 mai 2009

Aegypius monachus


Des plumes sans teint…

La décoloration de certaines plumes des ailes est l'un des moyens qu'utilisent les ornithologues afin d'identifier des oiseaux en vol. En général, ceux-ci font l'objet d'un suivi, car ils font partie d'un programme de réintroduction, comme ce Vautour moine (Aegypius monachus) photographié dans les Gorges du Verdon.
Grâce à cette identification, on peut savoir que cet individu se nomme "Julia", que c'est une femelle née en captivité le 15 mai 2008 au zoo de Planckendael en Belgique et qu'elle fut relachée au "taquet" dans les Gorges du Verdon en même temps qu'un second individu, "Jean", le 2 août 2008.
Cette technique du "taquet" consiste à placer l'oiseau sur une corniche avant qu'il soit en âge de voler de façon à ce qu'il puisse, tout au long de cette période, s'imprégner du lieu et si tout va bien, se fixer sur la colonie et éventuellement s'y reproduire dès lors que l'âge de la maturité sexuelle sera atteinte. Cette femelle s’est envolée le 8 septembre 2008 à l’âge de 118 jours. Elle a été observée la première fois aux volières de Rougon le 7 octobre et y est observée régulièrement depuis lors des curées (Source LPO Verdon).

Teaser Gorges du Verdon



Les Gorges du Verdon, corridor écologique…

Le Vautour fauve (Gyps fulvus), avant sa disparition, était historiquement présent dans tout le bassin Méditerranéen. Les Gorges du Verdon restaient donc un milieu écologiquement très favorable à son retour dans le Sud-Est. Ce fut aussi un lieu stratégique pour permettre de reconstituer des liens entre plusieurs foyers de populations Européennes, depuis les Balkans jusqu'à la Péninsule Ibérique.
Suite au succès et à l'expérience acquise dans l'opération de réintroduction des Grands Causses (Gorges de la Jonte), l'association Vautours en Haute-Provence est créée en 1993 grâce à l'impulsion de deux hommes, Jean-Michel Tabard et Pierre Maigre. Deux ans plus tard, les différentes étapes indispensables à la réussite de ce projet sont mises en oeuvre : sensibilisation de la population locale, recherche de terrains et de partenaires techniques et financiers (Office National des Forêts, Parc naturel régional du Verdon, Espaces pour demain), obtention des autorisations administratives (Ministère de l'Environnement, Préfecture des Alpes de Haute Provence), construction des volières sur la commune de Rougon et récupération des premiers vautours en 1997. De 1999 à 2004, 91 vautours fauves seront libérés dans les Gorges du Verdon pour reconstituer une colonie.
En 2008, ce ne sont pas moins de 34 couples nicheurs qui se sont reproduits sur le site, avec 24 poussins nés cette même année. La population présente sur les Gorges du Verdon est désormais constituée d'une centaine d'individus, à laquelle il faut ajouter quelques Vautours moines (Aegypius monachus) qui, eux aussi, ont dernièrement fait l'objet d'un programme de réintroduction. (Source : LPO Verdon).

Images tournées en février 2009 - Montage Aye-Aye environnement • Musique originale : Joseph Holc.

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mercredi 6 mai 2009

Araignée ND


Comment est-ce possible ?

Une question n'a pas encore été totalement élucidée : comment font les araignées pour ne pas rester engluées sur leur toile ? Prenons une toile dite géométrique, celle que l'on rencontre le plus fréquemment. Pour la fabriquer, l'araignée va utiliser deux types de fils : l’un résistant et l'autre collant.
Avec le premier, elle va constituer le cadre de sa toile auquel viendront s'ajouter les rayons. La deuxième étape consiste à repartir du début pour ajouter cette fois les fils gluants. Pour cela, elle part du centre et commence à tisser une spirale plus serrée que la première. Une fois son œuvre terminé, l'araignée en connaît parfaitement les moindres recoins, et parvient à faire la différence entre les fils gluants et non gluants. Elle n'aura alors qu'à se déplacer sur les fils non-adhésifs.
De plus, certaines espèces vont sécréter une sorte d'huile avec laquelle elles vont s'enduire le bout des pattes. Car elles ne sont pas à l'abri d'un faux mouvement !

mardi 5 mai 2009

Bufo bufo


Un prince qui aide les jardiniers

Peau verdâtre recouverte d'un mucus visqueux et parsemée de pustules... voilà une description peu flatteuse de notre Crapaud commun, Bufo bufo. Certes, Monsieur le crapaud n'est pas le prince charmant des contes de fées, mais il n'en reste pas moins un précieux allié dans nos jardins.
En effet, escargots, limaces, larves et autres insectes font partie de son régime alimentaire. Et oubliez cette croyance qui affirme que le liquide sécrété par le crapaud est un poison pour l'Homme. Il n'est en réalité toxique que pour ses prédateurs.

Gorges du Verdon


250 à 700 mètres de vide sous nos pieds…

Se pencher au-dessus des gorges, c’est se sentir aspiré par cet immense précipice. Sensation grisante et quelque peu effrayante. Ce magnifique canyon qu’est le Verdon résulte de l’érosion des roches calcaires par la rivière du même nom.
A cheval sur les départements du Var (83) et des Alpes-de-Haute-Provence (04), cette vallée encaissée et étroite est le lieu idéal pour les amoureux de sensations : rafting, canyoning, ski nautique… Quant aux gigantesques falaises, elles offrent aux visiteurs un panorama vertigineux.
Outre ce spectacle grandiose, les gorges du Verdon recèlent mille trésors biologiques : par sa configuration particulière, elles possèdent une faune et une flore des plus riches (Vautour fauve, Vautour moine, Percnoptère d'Egypte, Aigle royal, Circaète Jean-le-Blanc, Chamois, Chevreuil, Outarde, Chauve-souris…).
Cet univers minéral ravira les amateurs d’émotions fortes et de rencontres naturalistes… Dans le souci de faire cohabiter les deux approches !

Hierophis viridiflavus


Petite… mais déjà bien sur la défensive !

« Prenez garde, ne vous approchez pas trop ! » semble vous prévenir cette très jeune Couleuvre verte et jaune. Il est vrai que Hierophis viridiflavus est d’un tempérament plutôt vindicative, même lorsqu’il s’agit, comme sur cette photo, d’un juvénile qui n’a pas plus de quelques jours.
Pour intimider quiconque venant le déranger, il fouette sa queue au sol et, si cela ne suffit pas à faire fuir l’intrus, n’hésite pas à attaquer pour chercher à mordre. Mais rassurez-vous, sa morsure n’est absolument pas venimeuse.

Gyps fulvus


Une ombre plane, inquiétante…

Ce grand rapace impressionne et fait frissonner les gens. Mais objectivement, Gyps fulvus ne mérite pas de continuer de porter une image populaire aussi négative.
Nécrophage, le Vautour fauve se nourrit exclusivement de cadavres et tient donc un rôle écologique primordial. Et contrairement aux croyances anciennes, il est totalement inoffensif. Il ne s’attaque pas – ni emporte – les enfants dans ses serres ! En réalité, ses pattes ne sont pas suffisamment puissantes pour se saisir d’une proie quelconque, malgré sa dénomination de « rapace ». C’est pourquoi il s’est spécialisé dans une fonction autre : celle de nettoyeur de carcasses
Et si nous cessions de lui attribuer si mauvaise réputation, reconnaissant plutôt son rôle d’éboueur naturel, si ce n’est la majesté de son vol qui sublime les lieux où il est de nouveau présent en France grâce à des opérations de réintroduction.

Gyps fulvus


L'équipe de nettoyage est sur place !

Un groupe de Vautours fauves s'est réuni, signalant le déroulement d'une "Curée". terme qui désigne l'heure du casse-croûte collectif.
Véritables éboueurs naturels, les vautours jouent un rôle fondamental dans l'assainissement et le maintien écologique des milieux. En se débarrassant des cadavres en décomposition, ils évitent la propagation de virus et autres bactéries. Gyps fulvus et tous ses semblables charognards jouent donc un rôle essentiel, ce qui ne les a pas empêchés d'être détruits quasiment jusqu'aux derniers au milieu du siècle dernier.
C'est à ce titre, l'une des opérations phares de réparation des dégâts écologiques faits par l'homme ces dernières décennies grâce à des opérations de réintroduction sur plusieurs sites français. Devenues aujourd'hui actions de références en faveur de la diversité – tant biologique que culturelle – ces actions réconcilient de façon exemplaire l'homme à la nature.

Gyps africanus


Wanted - Individu en vagabondage…

Un intrus s'est caché dans ce groupe de Gyps fulvus communément appelés Vautours fauves. L'avez-vous repéré ? Oui, il s'agit bien du rapace situé tout à droite de l'image. Comparé à son cousin européen, Gyps africanus est légèrement plus petit et d'une couleur plus foncée.
Ce Vautour africain ne se trouve, normalement, qu'en Afrique. On peut donc se poser des questions sur sa présence en France. La fuite semble la seule explication. Cet individu vagabond doit sûrement manquer à l'appel dans un des parcs zoologiques environnants.
Attendant la curée avec les autres rapaces, son adaptation à la vie sauvage n'a pas l'air de lui poser problème. Pour l'anecdote, il avait été vu quelques semaines auparavant dans les Baronnies où une autre colonie de Vautours a été également réintroduite.

Aegypius monachus


Le plus grand moine d’Europe…

Avec ses 2,80 m d'envergure, le Vautour moine (Aegypius monachus) détient le titre de plus grand rapace d'Europe. La taille de ses ailes fait de lui un excellent planeur, mais le rend un peu maladroit en vol battu.
Après avoir disparut de nos contrées pour cause de destruction systématique, cette espèce de vautour fait son retour depuis quelques années en France grâce à la mise en place de programmes de réintroduction. Des lieux comme les Gorges du Verdon prennent alors une toute autre dimension au passage de ces géants des airs.