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mercredi 10 juin 2009
Choloepus didactylus
A deux doigts de se faire écraser…
Parfaitement à l'aise à la cime d'un arbre, cet Unau - autrement nommé Paresseux à deux doigts ou Mouton-paresseux – l'est beaucoup moins lorsqu'il se retrouve au sol, a fortiori sur un support bitumé comme cette route forestière. Par chance, gisant prostré en plein milieu, il ne s'agissait pas d'une voie à grande circulation.
Choloepus didactylus fait partie de la Famille des Mégalonychidés, avec son cousin le Paresseux d'Hoffman (Choleopus hoffmanni), et n'est pas à confondre avec les Paresseux de la Famille des Bradypodidés qui eux possèdent 3 doigts et non deux, critère de distinction le plus évident entre ces deux groupes.
Images tournées en janvier 2003 - Montage Aye-Aye environnement •
Bradypus tridactylus
3 griffes x 4 membres = belles facultés arboricoles…
Ce mâle de Paresseux à trois doigts (Bradypus tridactylus) – reconnaissable par rapport à la femelle à sa partie de peau dénudée dans le dos – ne dispose certes pas d'un cinquième membre préhensile, mais se contente d'un simple moignon qui lui fait office de queue…
Pour autant, ses quatre membres, chacun assorti de 3 griffes "autobloquantes" lui sont tout à fait suffisants pour circuler dans les frondaisons avec une incomparable aisance et grimper le long des troncs sans aucune difficulté. Lent, peut-être, mais Ô combien agile ! Alors que demander de plus pour un animal qui passe pour ainsi dire 100% de son temps en haut des arbres !
Images Gilles Barros - tournées en janvier 2004 • Montage Aye-Aye environnement •
mardi 9 juin 2009
Pteropus Rufus
Fanihy en Malgache…
Sur les 14 espèce de chauves-souris endémiques de la Région Malgache, se trouve cette Roussette (Pteropus Rufus), communément appelée par les chercheurs le "Renard volant Malgache" en raison de son nez pointu et ses grandes oreilles. Elle est classées parmi les plus grandes espèces des Megachyroptères, (groupe des espèces de Chauves-souris frugivores) avec près de 1,30 m d'envergure pour un corps de 25 cm.
Localement, les Malgaches la nomment "Fanihy", ou "Ramanavy" et celles-ci ne sont guère appréciées (sauf leur chair pour la consommation) car elles causent souvent des dégâts dans les vergers, souvent seule et maigre source de subsistance pour bon nombre de paysans.
A cause de la déforestation et la perte tragique de l'habitat qui va de pair, les Roussettes font partie des nombreuses Chauves-souris dont le statut de conservation est préoccupant. Ces espèces jouent pourtant un rôle crucial dans la régénération des forêts : certains arbres, en effet, dépendent totalement d'elles pour leur pollinisation tandis que d'autres ne peuvent disséminer leurs graines que grâce aux déjections en vol de ces mammifères ailés qui, au préalable, se sont régalés des fruits que l'arbre leurs offrait.
Images Philippe Macquet & Cédric Cuffit tournées en août 2004 • Montage Aye-Aye environnement • Remerciements chaleureux à George Marcelin et Patrick Ratsimbazafy, guides de la Réserve de Biosphère de Mananara-Nord.
jeudi 21 mai 2009
Dossier Saint-Hubert - 5
Les Mammifères de Saint-Hubert
L’eau étant un besoin vital, les mammifères sont également nombreux à venir s’abreuver dans ces étangs. Il n’est alors pas rare d’observer cerfs et biches (Cervus elaphus) sur les berges au petit matin ou, au contraire, à la tombée de la nuit, de petits carnivores tapis dans les fourrés (Renards roux - Vulpes vulpes, Belettes - Mustela nivalis, Martre des Pins - Martes martes…) à la recherche d’une proie ou encore plusieures espèces de Chauves-souris (telles la Pipistrelle commune - Pipistrellus pipistrellus ; le Grand murin - Myotis myotis…) survolant l’étang le soir venu pour y chasser une multitude d’insectes aquatiques. Sans oublier les sangliers (Sus scrofa) qui, parcourant les champs et les forêts avoisinants, viennent souvent faire une halte à l’étang ou traversent les champs environnants.
Navigation dans le sommaire :
- Teaser Saint-Hubert (vidéo d'immersion dans le lieu)
- Introduction générale
- Présentation biogéographique
- Panorama historique
- les Espèces remarquables
- les Oiseaux
- les Mammifères
- les Amphibiens
- les Arthropodes
- la Flore
- Les acteurs impliqués
- VOIR TOUS LES MEDIAS des Étangs de Saint-Hubert.
Dossier thématique réalisé collégialement par :
Léonce Carré • Gaëlle Vandersarren • Philippe Macquet
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jeudi 7 mai 2009
Lepus europaeus

Milieu de vie de… ?
Voilà un habitat où il ne serait pas surprenant de voir surgir quelques paires de longues oreilles ! En effet, cette mosaïque de milieux (champs cultivés, plaines, forêts) convient parfaitement à notre Lièvre européen – Lepus europaeus.
On le trouve en terrain découvert – lisière des bois, pâturages, cultures et même marais – où il vit dans des gîtes (faibles dépressions qu’il creuse dans la terre ou sous les broussailles). Le Lièvre aime les grands espaces et occupe un territoire de plusieurs centaines d’hectares, qu’il partage avec d’autres congénères. Chacun ayant besoin de 10 à 20 hectares pour se nourrir.
Il est présent en plaine, mais également en montagne jusqu’à 2.000 m d’altitude. En résumé, le Lièvre n’est pas difficile, mais sa présence nécessite de vastes étendues ouvertes… Un besoin de liberté ?
Rupicapra rupicapra

C'est une certitude : ils n'ont pas le vertige !
Doté d'un sens de l'équilibre inouï, Rupicapra rupicapra ne se rencontre que dans les milieux au relief dit accidentés. L'agilité des Chamois leur permet en effet de se déplacer dans les zones rocailleuses, les falaises, et autres terrains escarpés. Ces lieux parfois quasi inaccessibles leur fournissent une excellente protection ou tout du moins, de la tranquillité.
En effet, en cas de danger, ils prennent rapidement la fuite à travers les rochers. Impossible alors pour les bipèdes que nous sommes de parvenir à suivre leur rythme de course sans risquer de se fouler une cheville !
mercredi 6 mai 2009
Lepus europaeus

Quand il bouquine, le lièvre n’a pas le temps de lire !
Bouquin, bouquinage… Serait-on plongé au cœur même d’une bibliothèque ? Non, plutôt dans un champs où de longues oreilles dépassant des herbes trahissent la présence d’un Lièvre (Lepus europaeus). Car, comme chez le Lapin, « bouquin » sert à désigner le mâle. La femelle est une hase, et le jeune lièvre un levraut (ou levreau).
Quand à « bouquinage », il est synonyme de rut. Cette période s’étale en Europe de mars à novembre. La femelle peut avoir de 1 à 4 portée(s) annuelle et présente une particularité : le phénomène de superfœtation.
Il s’agit de l’implantation d’une nouvelle grossesse dans un utérus en contenant déjà une. La hase peut s’accoupler quelques jours avant la mise bas : un des canaux de l’utérus contient la portée et l’autre, vide, peut recevoir de nouveaux spermatozoïdes.
Pendant un bref délai de 3 à 4 jours, la femelle porte en elle des levrauts prêts à naître et des embryons. Ce phénomène, extrêmement rare, s’observe également chez le Chevreuil (Capreolus capreolus), la Jument (Equus caballus) et le Blaireau (Meles meles).
Erinaceus europaeus

Un auxiliaire précieux qui a du piquant !
Petite boule épineuse, le Hérisson est un compagnon de ville fort apprécié des jardiniers. Escargots, limaces, insectes, serpents, charognes…font partie de son régime alimentaire et c’est la raison pour laquelle bien des gens tentent d’attirer chez eux ce « redoutable prédateur ».
Certains l’alimentent pour qu’il reste plus longtemps dans leur jardin. Alors un conseil, évitez les produits laitiers car les hérissons ont une intolérance au lactose qui peut conduire à de graves troubles intestinaux. Préférez les croquettes pour chat, riches en protéines. Mais ne leur donnez pas de ration trop importante afin qu’il puisse continuer de chasser !
Sa durée de vie est en moyenne de 7 ans, mais elle ne dépasse pas souvent les 3-4 ans, la mortalité chez les hérissons étant très importante. Outre les causes naturelles (prédation par le blaireau et le renard, cancer, « Wobbly Hedgehog Syndrome »), les menaces d’origine anthropiques restent nombreuses : pesticides, traversées de routes, attaques d’animaux domestiques (chiens), disparitions de son habitat…
Donc si vous trouvez un Hérisson chez vous, vous pouvez aménager votre jardin pour qu’il s’y sente bien. Mais attention, Erinaceus europaeus est protégé par l'annexe III de la Convention de Berne, ce qui signifie qu’il est interdit de le chasser, le capturer, le transporter, le commercialiser ou le garder chez soi (à l’intérieur bien sûr). Et si jamais le hérisson est trouvé blessé, il convient de prévenir une association qualifiée.
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Oryctolagus cuniculus

Ce matin, un lapin…
« Oryctolagus cuniculus », nom quelque peu barbare servant à désigner notre célèbre Lapin européen, aussi appelé Lapin de Garenne ou Lapin domestique. Souvent confondu avec le Lièvre européen (Lepus europaeus), il en diffère par sa taille (38 à 50 cm contre 60 à 75 cm), son poids (environ 2 kg contre 3 à 5 kg pour le Lièvre), ses oreilles plus petites (inférieures à la largeur de la tête) et ses pattes moins puissantes et développées.
D’autres différences anatomiques existent, mais sont plus subtiles et impossibles à voir sur photo (ongle des orteils non fendu, iris brun sombre…).
Bien entendu, nous parlons des individus sauvages car les domestiques, ayant subi de nombreux croisements et manipulations, varient considérablement en taille et poids. Il en résulte une multitude de variétés, allant des lapins nains aux lapins béliers (race géante).
Il est vrai que ses nombreuses qualités en font un animal de compagnie prisé : propreté, gentillesse, facilité des soins. Cela dit, n’est-il quand même pas plus agréable de le voir galoper dans les champs plutôt que dans une cage ou un appartement ?
De plus, il ne faut pas oublier que le Lapin est un animal grégaire, c’est-à-dire vivant en communauté, et qu’il est très prolifique : une hase (femelle du lapin, ou lapine) est féconde toute l’année et peut avoir 2 à 4 portée par an avec 3 à 12 bébés par portée. Elle vit en moyenne 5 à 9 ans. Ce qui donne une descendance plutôt importante… Faites le calcul !
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Myocastor coypus

Rongeur en situation irrégulière
Avez-vous déjà pensé en regardant un ragondin que cet animal avait l'air étranger à notre faune française ? Un rongeur d'une dizaine de kilos, rien d'étonnant? Car en fait, Myocastor coypus est originaire d'Amérique du Sud mais fut introduit en Europe au XIXème siècle dans un but d'élevage pour l'exploitation économique de sa fourrure.
Les individus retrouvés à l'état sauvage proviennent donc de relâchés volontaires ou d'évasion. En raison de son statut d'espèce introduite et, qui plus est, réellement prolifique, le ragondin, herbivore inoffensif est classé dans la catégorie des animaux susceptibles d'être nuisibles.
Il n'en reste pas moins – point de vue strictement personnel – plutôt sympathique à observer.
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mardi 5 mai 2009
Martes foina

Elle fourre son museau partout !
Rencontre du troisième type avec cette fouine dont les yeux brillants semblent nous ordonner de rester à notre place. En réalité, surprise alors qu’elle traversait la route, elle hésite un instant, hypnotisée par les phares de la voiture, avant de prendre la fuite.
La Fouine appartient à la famille des Mustélidés, au même titre que la Belette, le Blaireau ou le Putois (mais contrairement à ce petit carnivore, elle n’utilise ses glandes anales que pour le marquage et non comme moyen de défense).
Animal discret et nocturne, Martes foina parcoure les champs dès la tombée de la nuit, pour chasser des petits rongeurs (mulot, souris, campagnol…), des invertébrés (insectes, vers de terre…), mais aussi parfois des poules, d’où sa mauvaise réputation. Les fruits, les charognes et les détritus font également partie de son régime alimentaire.
Elle est parfois confondue avec la Martre des Pins (Martes martes) dont l’apparence est très semblable, mais le pelage plus foncé et la bavette (gorge et poitrail) ocre. Tandis que notre Fouine possède une bavette de couleur blanche, en forme de fourche.
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Vulpes vulpes

Rusé comme un renard ou simplement curieux ?
« Maître Corbeau sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage »… Qui, enfant, n'a jamais entendu parler de la fable de La Fontaine "Le corbeau et le renard" ?
Cette histoire relate la mésaventure d'un corbeau qui, charmé par les flatteries d'un renard, en lâche son fromage. Déjà en ce temps, Vulpes vulpes était considéré comme un animal intelligent. Il est vrai que ruse et habileté sont des termes qui qualifient parfaitement le Renard roux.
Là, en l'occurrence, il s'agirait plutôt de l'histoire du petit Prince : ce Renard roux semblait plutôt enclin à se laisser apprivoiser par l'appareil photo. Ruse, habileté… Mais aussi parfois une timidité curieuse.
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Vulpes vulpes

Les traditions sont encore parfois vivaces…
Voilà un animal qui a bien mauvaise réputation. Considéré comme le « chasseur de poulailler » par excellence, le Renard roux (Vulpes vulpes) est à l'origine de nombreuses superstitions.
Pour se protéger de ses attaques et l'éloigner des volatiles, les gens avaient recours à divers procédés. Par exemple, les fermières portaient, le jour de la Saint-Jean, leur plus belle poule dans la forêt en conjurant le renard de bien vouloir épargner le reste de leurs bêtes.
D'autres éleveuses préparaient une omelette de 12 œufs qu'elles coupaient en quatre parts et plaçaient à chaque angle de l'enclos en se signant d'un signe de croix et en criant trois fois : "Renard, v'là ta part, prends-la et n'y reviens pas" ! Des méthodes ancestrales qui perdurent encore dans certaines régions de France.
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Quelques espèces remarquables Malgaches

le Aye aye - Daubentonia madagascariensis
Classe des Mammifères
Ordre des Primates
Famille des Daubentoniidés
Ordre des Primates
Famille des Daubentoniidés
Certains le disent laid… étrange lui conviendrait mieux.
Le Aye aye est un étonnant mélange de chauve-souris (oreilles démesurées et mobiles), de rongeur (deux incisives très développées et à croissance continue), le tout recouvert d’une fourrure laineuse et présentant deux billes oranges écarquillées en guise d’yeux.
Mais le plus formidable, c’est son majeur grêle et allongé qui lui permet d’extraire des larves grasses d’insectes dissimulées à l’intérieur du bois. Son ouïe fine lui permet de localiser les proies dans les branches ; ses puissantes incisives arrachent l’écorce tandis que son doigt n’a plus qu’à déloger les larves de leur galerie.
C’est sans aucun doute l’une des espèces de lémuriens les plus menacées et difficiles à observer. Nocturne et arboricole, l’aye aye se déplace de préférence dans la voûte dense des arbres, à la recherche de nourriture: insectes, champignons, graines, etc. Il apprécie aussi le nectar de l’arbre symbole de Madagascar: le Ravenala (Ravenala madagascariensis).
L’appellation lémurien – que l’aye aye partage avec 32 autres espèces – vient du latin Lemures signifiant “spectre des morts venant tourmenter les vivants”: il est vrai que la longue plainte de l’Indri (Indri indri) ou “l’inquiétante” silhouette d’un lémur bondissant par nuit claire d’arbre en arbre a quelque chose de “surnaturel”.Paradoxalement, des espèces comme le maki (Lemur catta - ci-contre), sont très largement appréciées du grand public ; leur “bouille sympathique” et leur grâce à se déplacer en “danseuses”, communiquent une image positive ambassadrice pour Madagascar et constituent un attrait pour les occidentaux. •
Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustrations Maël Dewynter
Quelques espèces remarquables Malgaches

Le Fossa - Cryptoprocta ferox
Classe des Mammifères
Ordre des Carnivores
Famille des Viverridés
Tiens ? un puma…Classe des Mammifères
Ordre des Carnivores
Famille des Viverridés
Un œil peu averti aurait tendance à cataloguer le Fossa dans la grande famille des Chats. Pourtant, s’il est vrai qu’il ressemble à un jeune “cougar”, le Fossa est loin d’être un félin puisqu’il s’apparente en réalité à la famille des mangoustes.
En absence de grands carnivores à Madagascar, il s’est imposé peu à peu comme le prédateur malgache (après l’homme !) et constitue l’une des rares menaces naturelles qui pèsent sur les lémuriens.
En effet, d’un poids pouvant atteindre 10 kg et d’une agilité hors du commun, c’est un prédateur puissant et un excellent grimpeur qui n’hésite pas à poursuivre ses proies dans les arbres. Même un lémurien, pourtant capable de faire des bonds d’une dizaine de mètres d’un arbre à l’autre, n’est pas toujours à l’abri de ses crocs.
Seulement 3 espèces de “civettes” (Famille des Viverridés) et 5 espèces de mangoustes (Famille des Herpestidés) constituent la palette des carnivores malgaches. Au demeurant, l’une d’entre elles, la Falanouc, (Eupleres goudotii), se nourrit exclusivement de simples vers de terre ou de petits invertébrés ! •
Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter
Quelques espèces remarquables Malgaches

Le Zébu, une autre richesse malgache ?
Classe des Mammifères
Ordre des Artiodactyles
Famille des Bovidés
Famille des Bovidés
Importé d’Afrique au cours du premier millénaire, le zébu (Bos taurus indicus) – ou bœuf à bosse – est originellement issu d’Asie. C’est un ruminant pourvu d’une bosse sur les épaules et de cornes pouvant atteindre près de 1,20 m. Le “Omby” (nom malgache) est un animal lié de très près à la tradition. Sa domestication en a fait – peut être sur l’île plus qu’ailleurs – des siècles durant, l’un des piliers de l’économie. Au temps des royautés, la taille d’un troupeau était la marque de puissance d’une famille. Sacré, dans la tradition malgache, le bœuf est un animal qui jouait un grand rôle dans les cérémonies traditionnelles.Ce qui, à l’heure actuelle, tend à se perdre en raison, notamment, de l’appauvrissement de l’économie malgache.
La durée de vie moyenne de cet animal est de 10 années. Durant cette période, la “zébute” (femelle du zébu) donnera naissance à 5-7 veaux et produira quotidiennement entre 3 et 15 litres de lait.
Les avantages liés à la propriété d’un seul zébu sont énormes: en complément de la production de lait pour une famille ou la vente des veaux, celle-ci pourra utiliser l’animal pour le labour des terres, ou bien pour tirer une charrette (transport de marchandises). La bouse pourra être également utilisée comme engrais naturel…
L’élevage du zébu à Madagascar a très largement contribué à modifier et à façonner le paysage des Hautes-Terres. •
Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter
Agir pour l'environnement Malgache

Mission Sahamalaza - 1999 - Sauver le Lémur aux yeux turquoise
Afin de conserver une sous-espèce rarissime de lémurien – le lémur aux yeux turquoise (Eulemur macaco flavifrons) – un consortium de parcs zoologiques européens, placé sous la direction du Zoo de Mulhouse, tente depuis plusieurs années d’établir une aire protégée sur la presqu’île de Sahamalaza, dans le Nord-Ouest de Madagascar.
« Pour parvenir à préserver le lémur aux yeux turquoise, le Consortium a intégralement financé, en 1999, deux missions visant à dresser un inventaire faunistique et floristique du site ainsi qu’une estimation des effectifs du “flavifrons”.
Ces missions ont été supervisées sur le terrain par Lanto Andriamampianina, scientifique malgache du WCS (Wildlife Conservation Society, connu antérieurement sous le nom de Société Zoologique de New-York) ; j’étais pour ma part le seul représentant européen.L’équipe était composée de quatre jeunes habitants de Marozavavy, de Lanto et de moi-même. L’objectif était de sillonner la presqu’île en tous sens afin d’établir l’inventaire des vertébrés - dont j’avais la charge - mais aussi afin de rendre compte de l’état de dégradation des écosystèmes(*).
L’inventaire a permis de recenser: 13 espèces de mammifères (dont 6 de lémuriens), 53 espèces d’oiseaux (espèces migratrices mises à part) et 25 espèces de reptiles. La presqu’île de Sahamalaza constitue donc une zone à forte biodiversité(*).
Prévenir…
Depuis maintenant trois ans, le milieu ne cesse d’être dégradé: le Sud de la presqu’île, qui abritait les forêts parmi les plus préservées, a vu sa couverture forestière diminuer considérablement. Par endroits, nous avons pu estimer à environ 50 % la régression de la forêt comparativement aux relevés de 1996.
La migration des populations des villages voisins d’Ambinda et d’Andrekareka vers les terres boisées inexploitées de la presqu’île est sans doute à l’origine de cette accélération de la dégradation. Avec une longue saison sèche, des sols pauvres et un relief abrupt, l’agriculture est très peu productive. C’est pourquoi, malgré une densité humaine très faible (quelques habitants seulement au km2, très rares sont les villages qui comptent plus de 50 habitants), on observe une rotation accélérée des cultures sur brûlis – “tavy”(*) – et par là même une destruction rapide des écosystèmes*.
La population du lémur aux yeux turquoise semble cependant stable.
Cette sous-espèce, qui vit dans les forêts galeries encore relativement préservées, est considérée comme “fady”(*) – sacrée – par la majeure partie de la population et n’est de ce fait pas ou peu chassée.
C’est pourquoi ce lémurien reste encore abondant à Sahamalaza ; mais son aire de distribution est à ce point restreinte qu’il court un grave danger d’extinction si l’on ne préserve pas l’écosystème* dans lequel il vit.
La création d’une réserve(*) sur le site de Sahamalaza s’avère donc nécessaire si l’on souhaite préserver le lémur aux yeux turquoise et son biotope(*), mais aussi les intérêts de la population autochtone. La spirale de dégradation dans laquelle semble être plongée la presqu’île pourrait servir d’argument auprès des autorités compétentes (ministère des Eaux et Forêts malgache, Union Européenne, UNESCO) pour accélérer la mise en place de l’aire protégée.
…Ou guérir ?
Il y a quelques années encore, nous étions face à un site préservé auquel nous souhaitions apporter une protection légale en vue d’assurer sa pérennité.
Aujourd’hui, nous sommes face à une situation d’urgence: en quelques années seulement, la forêt a considérablement régressé ; il est donc envisageable que cette destruction se poursuive au même rythme. Si c’est le cas, Sahamalaza se transformera en un paysage chauve et ridé, commun à tout l’Ouest malgache. En revanche, si l’espace est géré de façon plus durable, on est en droit d’espérer une régénération du couvert forestier dégradé ».
« Le projet de réserve* à Sahamalaza a pour espèce ambassadrice le Lémur aux yeux turquoise, mais c’est en fait tous les écosystèmes* de la presqu’île que l’on tente de préserver ». •
Reproduction de l'article de Emmanuel Mouton paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter
Bradypus tridactylus

Eh tu descend ?
Bradypus tridactylus, plus connu sous le nom de Paresseux à 3 doigts, est un animal exclusivement adapté à la vie arboricole. Ce paisible mammifère passe ses journées suspendu aux branches, à dormir (environ 20h par jour) ou à se déplacer lentement pour chercher à manger. Folivore (se nourrissant de feuilles) il n'a pas besoin de descendre au sol. Mais alors que fait ce paresseux dans un endroit aussi dangereux pour lui, là où son extrême lenteur le rend particulièrement vulnérable ?
Pour une simple raison : ses besoins naturels ! En effet, le paresseux prend le risque de descendre tous les 8 à 10 jours pour uriner et déféquer, la seule chose qu'il ne fait pas du haut d'un arbre… Sauf dans un cas précis, lorsqu'il peut se trouver à l'aplomb de l'eau.
Bradypus tridactylus

Un sobriquet plutôt mal choisi…
Saviez-vous que Bradypus tridactylus, communément appelé Paresseux, avait un métabolisme deux fois plus lent que celui des autres mammifères ?
Il est vrai qu'un régime alimentaire essentiellement constitué de végétaux n'est pas forcément très riche en énergie ! Certes, il peut parfois faire une exception en attrapant un insecte, mais les feuilles de Cecropia restent sa nourriture favorite.
Ceci explique sans doute l'extrême lenteur des mouvements (physiques, mais aussi respiratoires : seulement 6 à 8 respirations par minute) et le caractère placide de ce paisible animal. Lent : oui, c'est indéniable. Mais paresseux : certainement pas ! (Vous pourriez le vexer).
lundi 4 mai 2009
Tonatia sp

Une réputation à faire frémir !
Morts-vivants, vampires... Les chauves-souris endossent de nombreuses identités, toutes sinistres et peu rassurantes ! Porté à l'écran dans les célèbres films de Dracula, on ne voit pas dans cet animal le petit insectivore inoffensif qu'il est, mais plutôt la bête maléfique assoiffée de sang.
Ses mœurs nocturnes et son étrange allure ont fait croire aux populations d'antan que la chauve-souris possédait d'obscurs pouvoirs. Pour la Chrétienté, elle était considérée comme une manifestation impure. C'est pourquoi les chauves-souris ont longtemps été persécutées. Au Moyen-Âge, on croyait lutter contre le mauvais sort et les sorciers, en les clouant aux portes.
Alors que sur d'autres continents, comme en Asie, elles présagent le bonheur et éloignent la malchance. Points de vue pour le moins très contradictoires !
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