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jeudi 7 mai 2009

Mylabris variabilis


Quand il y en a pour un, il y en a pour deux !

Melanargia galathea butine le pollen pendant que Mylabris variabilis grignote par-ci par-là. Ce papillon – un Demi-deuil – doit s'accommoder de la présence du petit coléoptère car celui-ci n'est pas près de partir. En effet, il aime prendre de longs bains de soleil, et ce ne sont pas les prédateurs qui vont venir l'importuner ! Car sa couleur rouge prévient tout prédateur du danger potentiel.
En cas de besoin, ce Mylabre variable rejette en effet par la bouche et les articulations une sorte de liquide corrosif. Mais cette substance n'est toxique que pour les vertébrés. Ce papillon peut donc vaquer à ses occupations sans avoir à s'inquiéter de la moindre velléité de la part de son voisin forcé !

Vitis vinifera


Avec … Ou sans modération !

Il n’y a nul besoin d’être œnologue pour reconnaître des champs de Vignes (Vitis vinifera). En effet, ces petits "arbres" noueux font partie de notre patrimoine. On les qualifie de sarmenteux en raison de l’aspect de leurs branches : allongées, flexibles et qui ne peuvent s’élever qu’avec l’aide d’un support pour prendre appui. Dans un vignoble, plusieurs variétés de vignes peuvent cohabiter. Pour les connaisseurs, elles portent le nom de cépage : Merlot, Chardonnay, Gamay, Carignan… pour n’en citer que quelques-uns.
Le raisin est à l’origine de nombreux produits de qualités : raisin de table (Muscat, l'Italia, le Chasselas…), jus de raisin et vin. On peut le consommer en fruit, frais ou sec, mais également en tirer des produits dérivés comme l’huile de pépins de raisin, le vinaigre, les gelées et confitures…
Mais ses qualités ne sont pas seulement gustatives. Les femmes auront sans doute entendu parler de rétinol, principal composé des produits cosmétiques anti-rides, qui n’est autre qu’une substance extraite des pépins de raisin. Il s’agit du nom scientifique donné à la vitamine A. Mais les vitamines B et C, ainsi que de nombreux oligo-éléments sont aussi présents dans ce fruit.
Énergétique, reminéralisant, détoxiquant, laxatif… ne sont que quelques exemples des effets bénéfiques du raisin sur notre organisme.
Quant à la vigne rouge, sa coloration est dûe aux anthocyanes (pigments naturels) qui sont des flavonoïdes, puissants anti-oxydants qui luttent contre les radicaux libres et donc le vieillissement cellulaire. Si on recommande d’avoir la main légère pour la consommation d’alcool, en ce qui concerne le fruit, c’est sans modération !

Gras (07)


Bienvenue chez les Grassois et les Grassoises !

Petit village de 482 habitants, Gras se situe dans le département de l’Ardèche et plus précisément dans le canton de Bourg-Saint-Andéol.
Encerclé par des vestiges de remparts à l'architecture médiévale, ce pittoresque village se situe sur le plateau des Gras, terre silencieuse et quasi inconnue, à deux pas des gorges de l’Ardèche et de la vallée du Rhône. Paysage magnifique aux senteurs méditerranéennes – les champs de lavandes envahissent le plateau l’été – Gras nous offre une vue panoramique exceptionnelle sur la Dent de Rez, massif culminant à une hauteur de 720m qui bénéficie d’un arrêté de protection de Biotope tant ses richesses faunistiques et floristiques sont remarquables.
Si vous souhaitez vous ressourcer, soyez assuré que le calme et la tranquillité seront au rendez-vous dans ce paisible hameau.

Trifolium pratense


3 folioles, je n'intéresse personne… À 4, je deviens magique !

Envahissant pâtures et champs, le Trèfle (Trifolium pratense) est une plante herbacée très commune. Composé de feuilles à 3 folioles, il arrive que certains en possèdent quatre. Ces « Trèfles à quatre feuilles » sont la résultante d’une mutation génétique.
Mais parce qu'ils sont beaucoup moins fréquents que les trèfles à trois feuilles, on leur attribue des vertus plus ou moins magiques, comme le fait de porter chance à celui qui le trouve.
Selon une légende, chaque feuille a une signification bien particulière : la première représente l'espoir, la seconde la foi, la troisième l'amour et la quatrième, s’apparente naturellement à la chance.
Certains montrent un tel engouement pour ce petit porte-bonheur, qu’ils ont créés des clubs de collectionneurs. On peut distinguer deux types de passionnés : ceux qui trouvent, volontairement ou non, des trèfles et que l’on nomme Quadrifoliistes, et ceux qui les collectionnent, que l’on appelle Ultratrifoliophiles. Pour ceux qui n’auraient pas la patience de chercher ces précieux trèfles à quatre feuilles, il existe désormais des sites Internet qui en vendent ! De nos jours, tout est bon pour faire marcher le commerce…

Fourmis ND


Un modèle d'adaptations multiples…

Le mode de vie, la communication, l’intelligence… de ces incroyables petites bêtes ont inspiré de nombreux auteurs. L’ouvrage le plus connu étant « Les Fourmis », trilogie de Bernard Werber. En effet, comment ne pas être fasciné par toutes leurs facultés ?
Nous voyons dans leur société une réussite, un modèle d’organisation. Chaque jour, nous en apprenons un peu plus sur ces surprenants insectes. Il faudrait leur consacrer une encyclopédie tant les anecdotes à leur sujet son nombreuses.
Voyons ici quelques faits marquants :
  • Les fourmis sont apparues il y a 100 millions d’années et sont les êtres vivants les mieux adaptés ;
  • Steppes, déserts, jungles équatoriales, montagnes, volcans… les fourmis ont colonisé tous les milieux. On en trouve même aux confins du cercle polaire !
  • Elles sont des millions de milliards sur la planète ;
  • Chimique (phéromones, substances odorantes), sonore (stridulation), tactile (effleurement et tapotement des antennes), visuel… tous les moyens sont bons pour communiquer ;
  • Agressions sans trêve, conquêtes territoriales et génocides des colonies voisines : les fourmis sont les êtres les plus guerriers du règne animal, surpassant même l’Homme !


Et ce n'est pas tout…
  • Certaines fourmis peuvent être droguées. En effet, après avoir goûté au miellat d’un coléoptère du Genre Lomechusa (Famille des Staphylinidés), elles deviennent dépendantes et sont prêtes à tout pour « obtenir leur dose » : se faire dévorer et même laisser la Lomechuse manger le couvain et la reine. Quand leur « fournisseur » quitte les lieux, elles errent à la recherche de miellat, délaissant leurs occupations, jusqu’à ce que mort s’en suive ;
  • Chez certaines espèces, la reproduction aboutit obligatoirement à la mort du mâle qui, alors en pleine action, se fait sectionner en deux par sa belle. Celle-ci qui s’en retourne au nid munie des pièces génitales de sa « moitié ». Ce procédé empêche tout autre mâle de venir la féconder ;
  • En un jour, une colonie de fourmis peut manger un poids équivalent à celui d’une vache ;
  • D’après la base de données des insectes sociaux (antbase), on dénombrerait à ce jour (juillet 2008) 12.451 espèces de Fourmis à travers le monde ;
  • Selon l’espèce, une fourmi peut porter une charge équivalente de 25 à 50 fois son propre poids. Si un homme – de 90 kg par exemple – était capable d’une telle prouesse, il pourrait soulever un poids de 2.250 à 4.500 kg ;
  • Les chercheurs auraient découvert chez les fourmis un gêne « altruiste » qui expliquerait alors le comportement collectif de ces dernières.
Il y a beaucoup d’autres anecdotes intéressantes et surprenantes.

mercredi 6 mai 2009

Podarcis muralis


Une queue prétendument porte-bonheur…

Podarcis muralis est un petit lézard d'une vingtaine de centimètres que chacun d'entre nous a déjà pu apercevoir se dorant au soleil. Surnommé Lézard des murailles, ce reptile affectionne tout particulièrement les carrières, rochers, vieux murs ainsi que les voies ferroviaires désaffectées.
En cas d'attaque, ce lézard peut perdre le bout de sa queue. Cette dernière continue de remuer sur le sol et détourne ainsi l'attention du prédateur. Au bout d'un moment, une nouvelle queue finira par repousser, mais plus courte et plus sombre que la première. Au début du siècle dernier, on considérait cette queue comme un porte-bonheur. Placée au fond de la bourse, elle apportait richesse à son propriétaire !

Apus apus


Infatigable ! Les oiseaux volent...

Oui, rien de très surprenant à cela. Mais certains ne s'arrêtent jamais ! En effet, le Martinet noir (Apus apus) passe pour ainsi dire toute sa vie à voler.
Jour et nuit, il reste la tête dans les nuages. Manger, boire, s'accoupler, dormir... Il réussit ces prouesses dans les airs ! Chasser les insectes en vol constitue sa principale activité. Pour cela, il est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres par jour, et d'atteindre une altitude allant jusqu'à 5 km.
Il ne peut se poser au sol car ses pattes sont tellement réduites que s'il lui prenait l'envie d'aller voir la terre de plus près, il n'arriverait plus à décoller (c'est d’ailleurs pour cela qu'il est classé dans l'Ordre des Apodidae, au même titre que les Colibris). Il lui est donc impossible de marcher. Heureusement, ses griffes robustes lui permettent de s'accrocher aux anfractuosités des murs. La nidification est sa seule période de repos.

Bufo bufo


Vous saurez tout sur les Crapauds…

Crapaud est un terme familier qualifiant différentes espèces d’Anoures. La Famille des Bufonidae regroupe ceux que l’on qualifie de « vrais » crapauds : Bufo bufo, Bufo viridis, Bufo calamita… Nul besoin de préciser que les crapauds ont la peau épaisse et verruqueuse, les histoires de sorcières nous l’ont déjà maintes fois expliquées !
Mais contrairement à ce que l’on s’imagine, elle n’est pas gluante. Elle est sèche et douce. Ces verrues, qui nous répugnent tant (à tort), portent simplement des glandes à venin pouvant être mortelles pour les prédateurs (mais non pour nous !).
Car le crapaud ne passe pas la majeure partie de son temps dans l’eau comme la grenouille. Il est plutôt de mœurs terrestres, affectionnant les prairies, les forêts et les jardins, ne recherchant l’eau qu’au moment de la reproduction.
La plupart des crapauds sont nocturnes et passent leurs journées tapis dans un terrier. Exposée à la fraîcheur de la nuit, leur peau se dessèche moins. Les crapauds rampent et n’effectuent que de petits sauts. Cela est dû à leurs pattes, moins développées et musclées que celles des grenouilles. Peu agiles, presque « nonchalants », il se laissent attraper assez facilement. Quand à la ponte, impossible de la confondre avec celle des autres Anoures : elle prend l’aspect de deux cordons noirs accolés s’enroulant autour de la végétation.

Bufo bufo


Le moment tellement attendu est enfin arrivé !

Le printemps vient à peine de faire son apparition que déjà les Crapauds communs (Bufo bufo) se sont mis à la recherche de partenaires. Après 4 mois de repos, les conditions climatiques (températures, humidité et luminosité) ont réveillé les ardeurs des mâles.
Ceux-ci sont tellement pressés qu’ils peuvent s’aggriper jusqu’à 10 sur une même femelle. Cette dernière peut périr noyée sous le poids de ce fardeau, ou éventrée par un de ses prétendants trop fougueux qui refuserait de la lâcher.
Car pour se reproduire, les crapauds ont recours à la position d’amplexus : le mâle maintient fermement la femelle par ses avant-bras musclés dont les trois doigts internes sont munis de coussinets rugueux et noirâtres nommés « callosités ». En contractant l’abdomen de celle-ci, il la stimule et provoque l’expulsion des œufs qu’il fécondera. Il se peut que dans l’euphorie du moment, un mâle se trompe de cible et tente de s’accoupler avec un partenaire du même sexe. Pour faire remarquer son erreur, celui qui « joue le rôle de madame » va pousser de petits cris aigus, une sorte de « laisse moi, je ne suis pas celui que tu penses ! ».
C’est un bon moyen de reconnaître mâles et femelles durant la période de reproduction : si vous les prenez entre vos doigts (telle la position d’amplexus) et qu’il couine, vous savez que vous avez affaire à Monsieur Bufo !



Après l'Amplexus, la ponte…

Quand le couple est enfin formé, la femelle peut commencer à pondre. Celle-ci expulse plusieurs milliers d’œufs – sous forme de longs rubans – qu’elle va dérouler en nageant. Cette caractéristique permet de différencier les pontes des crapauds de celles des grenouilles. En effet, ces dernières ne pondent pas des œufs en chapelet, mais en tas gélatineux plus ou moins denses et sphériques. Ces doubles cordons noirs et visqueux, déposés près de la surface de l’eau ou plus en profondeur, s’enroulent autour de la végétation ou des roches.
Une fois la reproduction achevée, le couple quitte les lieux, ne se préoccupant pas de l’avenir de sa progéniture. Il faudra attendre une dizaine de jours, si tout se passe bien, pour que s’achève le développement embryonnaire et que l’on voit apparaître de petites larves regroupées en masse.
Pour devenir adultes, ces têtards vont devoir subir une série de transformations (apparition des branchies, allongement des membres, formation de l’estomac, régression de la queue…). Mais la route est longue avant de pouvoir, à leur tour, être en âge de se reproduire.

Galle ND


La Galle… Voilà un nom qui fait froncer le nez !

On parle pourtant ici de Galle végétale, qui ne doit pas être confondu avec l'autre forme de Gale – ou Mal de Sainte-Marie – maladie contagieuse de la peau transmise par un acarien répondant au nom de Sarcoptes scabiei.
La Galle dont nous parlons est une pathologie qui s’attaque aux végétaux : fleurs, bourgeons, branches, racines… Aussi appelées cécidies, ces déformations sont provoquées par des piqûres d’insectes, que l’on qualifie alors de « gallicoles ou galligènes ».
On dénombre actuellement plus de 10.000 espèces génératrices de galles (pucerons, cécidomyies, guêpes, longicornes). En piquant la plante pour se nourrir, l’insecte injecte une toxine contenue dans sa salive. Celle-ci contient des hormones extrêmement actives qui vont provoquer des multiplications cellulaires anarchiques (prolifération anormale). On parle alors de grosseur tumorale.
Selon l’insecte, la forme et la couleur de la tumeur (ou excroissance) sont différentes. L'aspect d'une galle permet donc d'identifier avec certitude l'insecte qui en est responsable. Parfois, c’est la femelle qui, en insérant son œuf dans la plante hôte, induit un développement anormal des cellules. Dans quelques rares cas, le coupable n’est pas un insecte, mais des bactéries ou des champignons, qui peuvent également être responsables d’une galle.

Rosa banksiae


Petite merveille jaune

Originaire de Chine, le Rosier de Lady Banks (Rosa banksiae) est une plante grimpante au port à la fois sauvage et gracieux. Il fut introduit en Europe en 1824 pour ses qualités esthétiques. Ce rosier-liane inerme, c’est-à-dire dépourvu d’épine - bien qu'il puisse parfois porter quelques aiguillons sur les tiges les plus fortes – peut atteindre les 10 m d’envergure.
Se souciant peu de la nature du sol (acide, neutre, alcalin, pauvre, fertile…), il redoute par contre l'humidité. C’est pourquoi, ce spectaculaire rosier liane est réservé – malheureusement - aux régions chaudes. Son feuillage est persistant, et ses fleurs sont disposées en rosettes doubles, le tout formant de jolis bouquets de couleur claire (blanc à jaune pâle).
Les tiges, souples, se torsadent facilement et peuvent être placées selon votre envie. À moins que vous ne préfèreriez laisser faire la nature : ce rosier sarmenteux grimpera alors à l'assaut des arbres et des murs, dans un fouillis inextricable de lianes ployant sous une avalanche de petites roses. Attention tout de même, car il peut rapidement envahir votre jardin.

Pelophylax kl. esculentus


Capable de faire avouer tous vos secrets…

Mesdames prenez garde, cette jeune Grenouille Verte (Pelophylax kl. esculentus) détient le pouvoir de vous faire avouer le moindre de vos secrets ! Du moins, c'est ce que pensaient les médecins du 16ème siècle. Cet amphibien, véritable sérum de vérité, était utilisé pour faire parler les femmes.
Selon leurs dires, placer le cœur d'une grenouille sur le sein d'une dame endormie la faisait parler durant son sommeil. La langue de cet animal avait (toujours selon leurs dires) un pouvoir analogue. Par contre, en Belgique, la grenouille servait à soigner les angines. Placée dans la bouche du malade, il fallait attendre qu'elle gonfle et se gorge du « mal », le faisant ainsi partir. Fort heureusement pour les grenouilles (et pour les malades !), il existe désormais des comprimés pour ce genre de désagrément…

Chalcides striatus


Peur incontrôlée des serpents ?

Bien, alors rassurez-vous car Chalcides striatus n'en est pas un ! Difficile à croire quand on voit son apparence : reptile à l'aspect filiforme, se déplaçant dans l'eau par ondulation du corps (phénomène plutôt rare, soit dit en passant).
Mais à y regarder de plus près, il peut facilement être disculpé d'être un de ces "horribles serpents". Il dissimule en effet le long de ce corps, quatre membres atrophiés terminés par trois doigts. Ainsi, cet animal est un Scinque strié, et appartient à la Famille des Lézards.
Totalement inoffensif, son allure peut tout de même en éloigner plus d'un… Alors, pour soigner les phobies, la connaissance peut-être une bonne thérapie !

Merops apiaster


Arc-en-ciel à plume…

Bleu turquoise, jaune, vert, brun-rouge… Cet élégant oiseau au plumage coloré n'est autre que le Guêpier d'Europe. Comme son nom l'indique, Guêpes, Abeilles, Frelons et autres Hyménoptères constituent la majeure partie de son régime alimentaire, bien qu’il ne dédaigne aucunement les Libellules…
Telles les Hirondelles, il les chasse en vol avec une incroyable dextérité. Son long bec effilé lui sert également à creuser des galeries dans les parois ou talus. En effet, falaises d'éboulis ou berges sablonneuses accueillent chaque année des colonies de Merops apiaster qui y élisent domicile pour effectuer leur nidification.
Ces lieux sont facilement reconnaissables grâce à la présence de nombreux trous circulaires. Alors, pour observer ce bel oiseau – et bien qu'on puisse le trouver à de plus hautes latitudes – direction le sud de la France où il affectionne les terrains ensoleillés.

mardi 5 mai 2009

Martes foina


Elle fourre son museau partout !

Rencontre du troisième type avec cette fouine dont les yeux brillants semblent nous ordonner de rester à notre place. En réalité, surprise alors qu’elle traversait la route, elle hésite un instant, hypnotisée par les phares de la voiture, avant de prendre la fuite.
La Fouine appartient à la famille des Mustélidés, au même titre que la Belette, le Blaireau ou le Putois (mais contrairement à ce petit carnivore, elle n’utilise ses glandes anales que pour le marquage et non comme moyen de défense).
Animal discret et nocturne, Martes foina parcoure les champs dès la tombée de la nuit, pour chasser des petits rongeurs (mulot, souris, campagnol…), des invertébrés (insectes, vers de terre…), mais aussi parfois des poules, d’où sa mauvaise réputation. Les fruits, les charognes et les détritus font également partie de son régime alimentaire.
Elle est parfois confondue avec la Martre des Pins (Martes martes) dont l’apparence est très semblable, mais le pelage plus foncé et la bavette (gorge et poitrail) ocre. Tandis que notre Fouine possède une bavette de couleur blanche, en forme de fourche.

Gonepteryx rhamni


Chut…

Une feuille délicate et particulière s'est posée sur cette fleur.
Elle porte le nom de Gonepteryx rhamni, ou plus communément appelée Le Citron. Car si au repos, sa couleur et ses nervures donnent à ce joli papillon des allures de feuille, en vol c'est le jaune éclatant de ses ailes déployées qu'il nous laisse admirer.
Messager du printemps, dès la sortie de l'hiver, il est l'un des premiers à montrer le bout de ses ailes. Attention de ne pas confondre avec Gonepterix cleopatra, présent dans les régions méridionales, qui lui se nomme Le Citron de Provence.

Charaxes jasius


Un pacha au goût exquis…

Ce sublime papillon répondant au doux nom de Nymphale de l'arbousier – ou Pacha à deux queues – est, vous n'en serez pas étonné, inféodé à cette espèce végétale. La ponte et le développement larvaire se font exclusivement sur l'arbousier (Arbutus unedo), les larves et chenilles se nourrissant des fruits de cet arbre.
Pour autant, devenu adulte, les goûts du papillon changent. Il affectionne alors tout particulièrement les fruits mûrs, voire fermentés (tels ici les fruits de ce Murier blanc - Morus alba). Les odeurs d'éthanol attirent irrésistiblement Charaxes jasius. Mais ayant atteint l'âge légal, il est autorisé à consommer des substances légèrement alcoolisées !

Charaxes jasius


Des vertus dont les papillons n’ont que faire…

Tonifier le sang, soigner le diabète, empêcher la constipation, traiter l’apparition précoce des cheveux blancs… Voilà toutes sortes de propriétés diverses et variées que possèderaient le Mûrier blanc (Morus alba) selon la médecine chinoise traditionnelle.
Pour ce papillon, peu importent toutes ces prétendues qualités. Ce qui intéresse ce Pacha à deux queues (Charaxes jasius) c’est plutôt le goût fermenté de ses fruits. Les blancs ne le tentent pas, seuls ceux qui pourrissent l’intéressent et peuvent même l’attirer frénétiquement. Saveur fade et trop sucrée. Hum… un vrai régal !

Bufo bufo


Une source d'inspiration débridée…

Animal adulé par les sorcières et autres mages noirs, le Crapaud commun (Bufo bufo) est à l'origine de bien des croyances obscures. Et son physique, peu avantageux, n'est certainement pas étranger à cette réputation. Son corps flasque et ses verrues ont inspiré de nombreux contes. Dans la sorcellerie, morceaux de crapaud et incantations sont les ingrédients idéaux pour jeter un sort !
Il y eu un temps (espérons révolu !) où, dans certaines régions de France, c'était le crapaud – entier et bien vivant – qui effrayait les populations. Car certains pensaient qu'il rendait aveugle toute personne dont les yeux étaient entrés en contact avec son urine et que de ces orbites naissaient de jeunes crapauds ! Bien d'autres histoires existent à son sujet, toutes aussi peu flatteuses, mise à part celle du conte de fée où un joli prince revêt l'apparence d'un vilain crapaud !

Pelophylax kl. esculentus


Grenouille ou Crapaud ?

Comme le dit la comptine française : « il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! ». Cette phrase pourrait également s’appliquer aux crapauds et rainettes qui eux aussi ont besoin d’eau, ou plus exactement d’humidité. Alors que la grenouille, telle cette jeune Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus), raffole des étendues d’eau, et y passe ses journées – bref, elle est largement dépendante de ce liquide vital – les Crapauds, pour leur part, n’y retournent que pour se reproduire.
En ce qui concerne la peau, celle des grenouilles est fine, relativement lisse et humide, ce qui provoque un effet « savonnette » si l’on cherche à la prend en main. Celle des crapauds est rugueuse. Les grenouilles sautent, cela est bien connu. Leurs pattes postérieures, longues et musclées en forme de Z, leur permettent d’effectuer des sauts rapides. Les crapauds, ne saute pas mais se déplacent plutôt en marchant.
Il existe une autre différence chez les Anoures, mais cette fois ci plus subtile : leur ponte. En effet, ils ne pondent pas de la même manière. Les grenouilles – dont la reproduction se fait toujours dans l’eau – déposent leurs œufs à la surface, sous forme de tas gélatineux plus ou moins compacts. Autre « privilège » qu’ont les grenouilles sur les crapauds : nous autres français les apprécions particulièrement, notamment leurs cuisses ! Chose dont n’ont pas à se soucier ses « cousins ».