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mardi 5 mai 2009

Agir pour l'environnement Malgache


Le programme “Sokake”

“Sokake”, c’est le nom local, en malgache, de la Tortue radiée – Astrochelys radiata –. C’est aussi le nom d’un programme de protection des tortues mis en place dans le Sud-Ouest par la SOPTOM (association française spécialisée dans la conservation des tortues) en collaboration avec une association malgache basée à Tuléar, l’ASE. Deux espèces sont principalement concernées: la Tortue radiée et la Tortue-araignée (Pyxis arachnoides). Grâce à l’aide du ministère de l’Environnement malgache et des Eaux et Forêts, un terrain a été mis à disposition du programme, à Ifaty, non loin de Tuléar. L’objectif est de permettre la construction d’un centre d’information et d’accueil du public et d’aider au développement écotouristique de la région: il s’agit de sensibiliser les villageois alentour, tout en créant des emplois pour favoriser des retombées économiques locales. Le village des tortues d’Ifaty doit ouvrir ses portes en 2002.
Pour tout renseignement, vous pouvez contacter la SOPTOM, Léon Razafindrakoto,BP24 - 83590 GONFARON. •



Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Crédit photo SOPTOM

Quelques espèces remarquables Malgaches


La Tortue à soc - Astrochelys yniphora
Classe des Reptiles
Ordre des Cheloniens
Famille des Testudinidés

Cette Tortue, dénommée “angonaka” en malgache, est très localisée: elle vit dans un milieu de forêts sèches et son aire de répartition estimée est très restreinte (25 x 60 km), aux environs de Mahajanga, dans le Nord-Ouest de l’île. Il s’agit de la Baie de Baly, mise spécialement en réserve(*). Avec moins de 500 individus sauvages, elle constitue l’une des espèces de tortues les plus rares au monde.
Parmi les 14 espèces de tortues malgaches (dont 5 espèces de tortues marines), la Tortue à soc et la Tortue radiée (Astrochelys radiata) sont des “célébrités”…
Toutes deux de grande taille – jusqu’à 60 cm – elles ont été récemment conduites au bord de l’extinction: soit par prélèvement dans le milieu naturel pour être mangée ou comme animal de compagnie, soit pour le commerce international, malgré une protection légale.
Elle font actuellement l’objet de programmes de reproduction en captivité, menés notamment par le World Wildlife Fund (WWF) et par le Durrell Wildlife Conservation Trust (anciennement J.W.P.T.). L’objectif de ces programmes est la préservation de l’espèce, avec l’espoir de la réussite d’une réintroduction dans le milieu naturel. •



Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter

Agir pour l'environnement Malgache

Menaces sur les tortues malgaches

Autrefois, sur l’île, vivaient 6 espèces de tortues terrestres et 1 d’eau douce, endémiques de Madagascar.
L’exploitation des populations chéloniennes et la destruction de leurs biotopes(*), dès le début de l’implantation humaine, ont déjà conduit à l’extinction des deux formes terrestres géantes : Dipsochelys abrupta et Dipsochelys grandidieri.
De plus, 3 tortues d’eau douce, ainsi qu’une espèce terrestre ont été introduites par les immigrants africains. Elles ont pu, localement, se développer au détriment des espèces indigènes. Actuellement 5 espèces endémiques(*) survivent, mais leur avenir, à court ou moyen terme, est préoccupant ; 3 espèces sont considérées par l’IUCN (*) comme étant directement menacées d’extinction. Il s’agit de :
  • Astrochelys yniphora - la tortue terrestre à soc. Elle est considérée comme la plus rare au monde et on compterait moins de 500 individus dans son milieu naturel, situé sur la côte nord-ouest dans la baie de Baly.
  • Pyxis planicauda - La tortue terrestre à queue plate rencontrée à l’Ouest dans la région de Morondave, fragile en raison de sa dépendance à un biotope* spécifique.
  • Erymnochelys madagascariensis - la Podocmémide d’eau douce répartie sur un large territoire à l’Ouest.
Deux autres espèces terrestres de l’extrême sud sont, pour l’instant, seulement classées comme “vulnérables”. Mais, chaque année, leur population décline de façon alarmante.
La forte croissance démographique combinée à un faible développement économique contraint les habitants, pour satisfaire leurs besoins alimentaires et financiers, d’exercer une pression destructrice sur le milieu naturel. Ainsi certaines tortues, en dépit des lois de protection en vigueur, voient leur espace vital rétrécir ou se dégrader. Brûlis, appauvrissement des sols, puis abandon avant d’exploiter une autre forêt, le scénario se répète inlassablement… Inondation pour la riziculture – comme dans la basse vallée du fleuve Morondave où vivait la tortue à queue plate – ou bien augmentation des aires de pâturage pour les troupeaux, feux de brousse réguliers pour stimuler la repousse herbacée ou exploitation de la forêt sèche pour la fabrication du charbon de bois (première source d’énergie du pays)… La pression anthropique est un facteur de déséquilibres importants pour les milieux naturels et donc, une menace pour de nombreuses espèces.
Mais, en plus de la disparition ou la fragmentations de leurs biotopes*, les tortues doivent aussi subir les prélèvements. Et ce, malgré les «fady»(*) (tabous traditionnels sur les tortues terrestres respectés par les ethnies originelles), interdisant soit d’en manger soit d’y toucher. Les ethnies voisines ou nouvellement implantées les consomment ou les recherchent comme animal «domestique», par croyance, leur attribuant un pouvoir de protection contre certaines maladies ou contre la sorcellerie.
Au 17 et 18ème siècles, la tortue à soc, utilisée comme stock alimentaire était embarquée par les navigateurs qui passaient dans cette partie de l’océan Indien. Des Arabes venaient des Comores pour la chasser avec des chiens. Cette situation a conduit l’espèce au bord de l’extinction. Elle bénéficie actuellement d’un élevage pour son étude et sa réintroduction ainsi que d’une réserve spéciale(*). De même, un programme de conservation est en cours pour la tortue podocmémide.
Par contre, la situation est très inquiétante pour les deux représentantes du grand sud, les tortues radiées et les tortues-araignées, du fait qu’elles ne bénéficient, actuellement, d’aucun programme de sauvegarde, alors que les effectifs ne cessent de régresser. Le Genre Pixis a, de surcroît, un taux de fécondité extrêmement faible. Ces deux espèces restent victimes du braconnage qui alimente un juteux trafic international ou qui sert au commerce local, bien qu’elles soient officiellement protégées.
Les données biologiques et les études sociales faisant cruellement défaut, il est difficile de proposer de façon réaliste et efficiente, des solutions de conservation appropriées, permettant à la fois d’intégrer les intérêts des populations et de préserver les espèces ainsi que les milieux naturels.
Le programme SOKAKE a pour objectif d’apporter, de ce point de vue, les moyens de réponses satisfaisantes. •



Reproduction de l'article de Fabrice Ringot - paru dans Novae-Environnement - septembre 2001

lundi 4 mai 2009

Phrynops gibbus


Surprise…

Vu les gros yeux qu'elle nous fait, cette tortue ne pensait pas croiser notre chemin ! Il est vrai que cette Phrynops gibbus est particulièrement difficile à observer. Très craintive, cette tortue d'eau douce mène une vie crépusculaire et ne prend jamais de bain de soleil, contrairement à la plupart des autres espèces Guyanaises.
Il faut donc attendre que tombe la nuit pour avoir la chance de la voir. Mais si on la dérange un peu trop, elle va tenter de se défendre en émettant une odeur nauséabonde. Elle est néanmoins très vive et peut prendre « rapidement » la fuite.
Cette Platémyde bossue fait partie du sous-ordre des Pleurodires, c'est-à-dire des tortues qui – au lieu de rentrer leur tête verticalement dans la carapace – doivent faire un « s » avec leur cou afin de positionner leur tête sur le côté. Pas facile de se débrouiller quand on a un cou tellement démesuré !

Rhinoclemmys punctularia


Des mœurs qui changent selon les individus !

Sur les 15 espèces de tortues que compte la Guyane française, 8 sont dites semi-quatiques, c'est-à-dire qu'on les retrouve aussi bien sur terre que dans l'eau. Une des plus fréquemment rencontrée est la Rhinoclemmyde ponctuée (Rhinoclemmys punctularia).
D'une taille avoisinant les 25 cm, elle est aisément reconnaissable aux taches rouge sang qui ornent sa tête. Peu farouche, elle se laisse facilement observer lors de ses bains de soleil le long des fleuves. Petite caractéristique étonnante : bien que cette espèce soit semi-aquatique, certains individus ont tendance à être plutôt terrestres alors que d'autres sont bien plus fortement aquatiques. Ces différences de comportement et d'environnement influent légèrement sur leur physique : les tortues vivant dans l'eau ont une carapace incrustée d'algues alors que celles vivant au sein même de la forêt se voient envahies de tiques ! Eh oui, à chacun son hôte.