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mardi 5 mai 2009

Quelques espèces remarquables Malgaches


L’arbre du voyageur
Classe des Liliopsida
Ordre des Zingibérales
Famille des Strélitziacés

Selon la légende, le Ravenala (Ravenala madagascariensis) a sauvé la vie d’un homme égaré dans la forêt. Après avoir marché pendant longtemps et à cours de provisions, cet homme n’avait plus rien avec lui. Comme il était déshydraté, voyant de l’eau qui s’écoulait de la tige d’un arbre, il lui vint l’idée de couper celle-ci pour étancher sa soif.
C’est ainsi que fut nommé “arbre du voyageur” le Ravenala madagascariensis, devenu l’arbre national, symbole de Madagascar. C’est de cette vertu que certains Lémuriens dépendent également. Il s’agit, notamment, des Maki vari (Variecia variegata), vivant dans le Nord-Ouest (région du Sambirano) ou des Lémur macaco (Eulemur macaco macaco). La plupart des lémuriens sont frugivores, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent exclusivement de fruits. Ils sont qualifiés soit de “prédateurs”, soit de “multiplicateurs”. Dans le premier cas, ils consomment les fruits et les dispersent par leur excréments ; dans le second cas, au contraire, il pollinisent les fleurs en se nourrissant du nectar du Ravenala. Les pollens sont disséminés au fil des déplacements des lémuriens. D’une manière ou d’une autre, ces animaux contribuent donc utilement à la régénération du Ravenala dont ils tirent subsistance.
Le Ravenala est largement utilisé par les Malgaches, notamment, par exemple, dans les constructions traditionnelles ; mais il peut aussi servir en médecine, pour extraire de ses feuilles, un hypotenseur. •



Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter

Quelques espèces remarquables Malgaches


Le Zébu, une autre richesse malgache ?
Classe des Mammifères
Ordre des Artiodactyles
Famille des Bovidés

Importé d’Afrique au cours du premier millénaire, le zébu (Bos taurus indicus) – ou bœuf à bosse – est originellement issu d’Asie. C’est un ruminant pourvu d’une bosse sur les épaules et de cornes pouvant atteindre près de 1,20 m. Le “Omby” (nom malgache) est un animal lié de très près à la tradition. Sa domestication en a fait – peut être sur l’île plus qu’ailleurs – des siècles durant, l’un des piliers de l’économie. Au temps des royautés, la taille d’un troupeau était la marque de puissance d’une famille. Sacré, dans la tradition malgache, le bœuf est un animal qui jouait un grand rôle dans les cérémonies traditionnelles.Ce qui, à l’heure actuelle, tend à se perdre en raison, notamment, de l’appauvrissement de l’économie malgache.
La durée de vie moyenne de cet animal est de 10 années. Durant cette période, la “zébute” (femelle du zébu) donnera naissance à 5-7 veaux et produira quotidiennement entre 3 et 15 litres de lait.
Les avantages liés à la propriété d’un seul zébu sont énormes: en complément de la production de lait pour une famille ou la vente des veaux, celle-ci pourra utiliser l’animal pour le labour des terres, ou bien pour tirer une charrette (transport de marchandises). La bouse pourra être également utilisée comme engrais naturel…
L’élevage du zébu à Madagascar a très largement contribué à modifier et à façonner le paysage des Hautes-Terres. •



Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration Maël Dewynter

Mécanismes de la biodiversité


Ny fihetsiketsehana rehetra mikasika ny fampisehoana mivelatra dia hifantoka manodidina ny tanalahy sy ny fifanenan’ny kolontsaina malagasy “araka ny lovatsofina ny tanalahy dia manana maso iray afaka mitodika ny lasa, ary maso iray mibanjina ny ho avy”

MADAGASCAR à l’image du “Caméléon-symbole” qui, selon la tradition malgache, “a la capacité d’avoir un œil tourné dans le passé, tandis que l’autre sait regarder vers le futur”.


La couleur du Caméléon…

Le Caméléon, un lézard vraiment bizarre !
Conséquence de réactions chimiques internes causées par la radiation solaire, ou bien vision anthropique d’un mode d’expression poétique ?
Environ la moitié des espèces de caméléons existant de par le monde vivent sur l’île de Madagascar. Cette communauté reptilienne n’est pas seulement la plus importante, mais elle est aussi la plus exceptionnelle: 59 espèces recensées à ce jour, exclusivement endémiques(*) !
Connus pour leur aptitude à changer de couleur, ils peuvent revêtir une variété impressionnante de nuances, s’exprimant en marron, vert, bleu, jaune, rouge, et même noir ou blanc. La communication est la raison principale de ces changements de teinte. En effet, grâce à ces variations de livrée, les caméléons peuvent communiquer avec leurs congénaires, exprimant ainsi des “sentiments” (comme un mâle vis-à-vis d’une femelle, par le désir de se reproduire, par exemple).
Contrairement à la croyance populaire, les caméléons ne sont pas capables de changer de couleur “à souhait”. Ils n’utilisent pas non plus cette aptitude comme une réponse à leur environnement (camouflage). Par contre, leur peau varie de coloration essentiellement selon 3 critères précis: la température, la lumière et leur humeur du moment.
En fait, sous leur peau transparente, se trouvent deux couches de cellules, possédant respectivement des pigments rouges et jaunes (appelés “chromatophores“). Sous les chromatophores se trouvent également d’autres cellules qui reflètent une plage précise du spectre lumineux: les lumières bleues et blanches. Une dernière couche cellulaire profonde, enfin, contient de la mélanine marron (pigment qui donne la couleur de la peau chez l’homme). C’est l’interaction du spectre lumineux à travers ces différentes couches de chromatophores – soit en contraction, soit en expansion – qui compose la couleur de l’animal.
Un caméléon calme, par exemple, exhibera du vert en “bloquant” le rouge et en renvoyant du vert (jaune + bleu). •



Reproduction de l'article paru dans Novae-Environnement - septembre 2001 - Illustration J. Lepesteur

Dossier Madagascar - 12

Quel avenir pour Madagascar ?
Traditionnellement source d’appropriation de nouveaux territoires, la pratique du “tavy”(*) (cf. encadré ci-dessous), ancrée dans une culture millénaire, provoque aujourd’hui des dégâts considérables sur l’environnement.
On estime en effet, que ce sont 200 à 300.000 hectares de forêts qui disparaissent chaque année, des causes directes de la déforestation. Les scientifiques pensent que c’est plus de 80 % de la surface de forêt originelle malgache qui a disparu depuis l’arrivée de l’homme sur l’île (il y a environ 2.000 ans) jusqu’à nos jours. Pour comparaison, c’est pratiquement l’équivalent de la superficie de la France entière.
Mais, le plus grave, c’est le rythme de cette déforestation qui semble s’accélérer de façon alarmante depuis plusieurs décennies: la forêt primaire (c’est à dire non modifiée par l’homme), était estimée en 1950 à 15 millions d’hectares. Elle se trouvait réduite à 10 millions seulement dans les années 1990: c’est l’équivalent de 1/6è du couvert forestier originel qui a disparu en moins de 50 ans (soit la surface de l’Île de France chaque année!!!). Tous ces chiffres sont le révélateur du malaise qui frappe aujourd’hui l’île entière. La spirale infernale de pauvreté de laquelle Madagascar ne semble pouvoir se soustraire est à l’origine de ce désastre écologique. Aussi, il faut bien comprendre que le “tavy*” reste le moyen quasi-unique de survie pour une grande partie des malgaches, qui n’ont aucune autre alternative pour assurer leur simple subsistance. De plus, les paysans – comme l’explique parfaitement Jean-Claude Rabeherifara (voir rubrique Acteur de l’environnement, page 5) – ne peuvent être montrés du doigt, dès lors que le contexte politique et économique de l’île n’est pas favorable pour aborder un développement basé sur des notions de préservation de l’environnement. Madagascar, de ce point de vue, n’est pas en marge de l’ensemble des pays en développement. En revanche, l’extraordinaire potentiel naturel de l’Île la met au rang de “première priorité mondiale en matière de conservation de la nature”.

L’écotourisme, une manne ?
Le monde assiste, impuissant, au massacre de milliers d’espèces qui disparaissent avec la forêt. Dès 1927, pourtant, un réseau d’aires protégées a été constitué, afin de tenter d’inverser la courbe de la destruction. Mais ces réserves(*) ne sont qu’un moyen de mettre la nature sous cloche, si les populations riveraines ne peuvent en tirer des bénéfices directs. Leur nouvelle vocation doit favoriser l’essor touristique de l’île, sachant que Madagascar dispose pour cela de très nombreux atouts.
Tourisme oui, mais, comme la langue d’Ésope, il peut être la meilleure ou la pire des solutions. Selon la manière dont on en use: défiguration des sites, accaparement des retombées économiques par une minorité, au détriment des populations locales, voire d’autres excès (pouvant déboucher sur un tourisme sexuel, par exemple), dont sont souvent victimes les pays en développement.
C’est donc un tourisme respectueux de la culture, du milieu naturel et surtout, qui sache prendre en compte les intérêts et besoins des malgaches qu’il faut promouvoir: il existe déjà ailleurs, c’est le tourisme intégré (ou écotourisme). Au service de la conservation et du développement, l’un des axes de ce mode de tourisme doit s’assurer de la participation des populations locales. Ainsi, un plan de 1995, prévoyait que les retombées économiques de ce secteur devaient d’abord toucher les riverains des réserves naturelles*. En contrepartie, ces derniers devenaient des partenaires de la conservation: 50 % des droits d’entrées devaient leur être attribués, afin de permettre le développement de micro-projets dont l’initiative reviendrait aux populations.
Pour faire en sorte que les atouts naturels dont dispose Madagascar servent enfin aux Malgaches, et que le tourisme leur apporte une possibilité réelle de se bâtir un avenir meilleur. •


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Reproduction du dossier paru dans Novae-Environnement - septembre 2001

Dossier réalisé collégialement par : Soline Astier • Guillaume Bry •
Maël Dewynter • Philippe Macquet
Avec la collaboration de : Jean-Jacques Delavaux • Julia Émond • Yves-Marie Gardette • Barbara Guittard • Érik Gonthier • Jean-Noël Labat • Jean-Claude Rabeherifara•
Olivia Randrianasolo • Marguerite Razarihelisoa

Dossier Madagascar - 11

L’Évolution, une contrainte (!) ?
«…Lorsque l’homme a mis le pied pour la première fois sur la Grande Île, pas moins de 50 espèces de lémuriens peuplaient Madagascar. Certains rivalisaient de taille avec les gros mâles de Gorilles ou d’Orang-Outans…».
Pas une des 33 espèces de lémuriens qui ont survécu aujourd’hui, ne dépasse la taille du plus petit de ceux qui ont disparu au cours du dernier millénaire à cause de l’Homme. Au côté de ces lémuriens géants – tel Megaladapis, lémur géant à fascié de vache – vivait une “mégafaune” tout aussi formidable. Il y avait des tortues géantes, des rapaces gigantesques… Des oiseaux, plus grands que n’importe quelle autre espèce connue – vivante ou éteinte – qui se nommaient “oiseaux éléphant”. Les œufs de ces titans aptères, donc incapables de voler, pouvaient contenirl’équivalent de 180 œufs de nos poules. Il n’y avait ni chat, ni chien, seulement quelques carnivores primitifs (mangoustes…), certains pouvant dépasser les 10 kg. A leurs côtés évoluaient des hippopotames “nains”, ainsi que des pseudo Oryctéropes – sorte de grand “lapin” dépourvus de poils, ayant un long museau et une longue queue.
C’est au cours de cette période, coïncidant précisément avec l’arrivée des premiers hommes à Madagascar, que toutes ces grandes espèces, uniques à l’île, ont disparu.

De l’arrivée de l’homme à nos jours
Il est communément admis qu’au moment où les premiers pionniers posèrent le pied sur la Grande Île, la majeure partie du territoire (près de 80 % de la superficie totale) était constituée de forêt. Madagascar était bien l’île verte que nous relatent les grands explorateurs du XVIIIème siècle: Eden aux innombrables formes de vies, trésors vivants d’un monde resté à part.
Le peuplement initial de l’île – phase qualifiée de “pionnière” – est déjà cause de perturbations ; mais celles-ci sont encore relativement modestes par rapport à l’immensité du territoire.
Comme tout arrivant qui débarque sur une terra incognita, vierge de toute présence humaine, les découvreurs et colonisateurs de Madagascar se sont d’abord installés sur les zones littorales.
La phase secondaire est plus problématique: les besoins en ressources augmentant, il va s’ensuivre une diversification de l’utilisation des milieux: les populations vont migrer à l’intérieur des terres et seront contraintes de se “spécialiser”. Certains vont devenir forestiers et utiliser l’énorme potentiel de biodiversité(*) lié à ce milieu ; d’autres sauront extraire de la terre leur moyen de subsistance en devenant cultivateurs ; les populations les mieux implantées sur le littoral resteront dépendantes des ressources halieutiques, etc.
Un équilibre naturel reste cependant encore possible. Mais au fur et à mesure que les ethnies vont se sédentariser, les territoires vont se modeler, s’agrandir, se perdre… Tel groupe va dominer un espace, les royaumes vont se constituer et les populations s’efforcer de coloniser le maximum d’espace pour tenter de régner sur leurs voisins.
Là où, initialement, les richesses naturelles devaient être ponctionnées “raisonnablement”, l’émergence des voies de navigation pour le commerce de l’ancien monde vont étendre l’exploitation du milieu. Madagascar deviendra l’objet de nombreuses convoitises. Au XIIème siècle, les Arabes connaissaient déjà la Grande Île.Ils y fondèrent des comptoirs, bien avant que les navigateurs portugais ne “découvrent” à leur tour, toutes ces richesses.
Bientôt, l’équilibre va se trouver perturbé. Plusieurs causes interviennent, dont deux principales: l’augmentation de la population qui est à corréler avec l’accroissement de ses besoins: commerciaux, mais surtout vitaux.
Les ressources naturelles – alors perçues comme inépuisables – peuvent s’amoindrir en raison d’un impact humain excessif. Les techniques de cultures se perfectionnant, la pression sur l’environnement augmente nécessairement: la hache, (ou “famaky”), ainsi que “l’angady”, sorte de bêche symbolisant l’alliance avec la terre, ont fait leur apparition depuis longtemps. Ces techniques simples, voire primitives, sont encore aujourd’hui, pour de nombreux Malgaches, l’unique moyen de survie, mais se révèlent terriblement efficaces.
Les rizières inondables, pour leur part, ont rendu plus performante la production vivrière, au même titre que la culture sur brûlis a permis l’augmentation des surfaces cultivables. De fait, à Madagascar, le principal agent de menaces qui pèsent sur l’environnement est sans aucun doute le feu. Les conditions de vie précaires obligent à grignoter chaque parcelle de forêt, afin de l’exploiter.


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Reproduction du dossier paru dans Novae-Environnement - septembre 2001

Dossier réalisé collégialement par : Soline Astier • Guillaume Bry •
Maël Dewynter • Philippe Macquet
Avec la collaboration de : Jean-Jacques Delavaux • Julia Émond • Yves-Marie Gardette • Barbara Guittard • Érik Gonthier • Jean-Noël Labat • Jean-Claude Rabeherifara•
Olivia Randrianasolo • Marguerite Razarihelisoa